Ce sont les deux anglais de Slow Club qui ouvrent le bal. Originaires de Sheffield, Rebecca Taylor (percussions) et Charles Watson (guitare) ne semblent pas avoir été atteints par la morosité de cette ville in industrielle et nous offrent un joli moment de pop/folk candide… Un petit moment de plaisir insouciant, un peu de douceur dans ce monde de brutes, ces deux-là sont touchants. Ils s’excusent à plusieurs reprises et rappellent qu’ils vont vite laisser la place aux vrais pros, en l’occurrence les Oh No Ono, et la tête d’affiche, les Drums.
Folie et extravagance, diablement et agréablement contagieuse… à l’image de leur musique. En débutant par « Eleanor Speaks », les cinq garçons nous plonge illico presto dans leur monde psychédélique et coloré. Leur enthousiasme et leur bonne humeur fait plaisir à voir et à entendre.
Malthe Fisher a décidément une voix absolument hallucinante, et pourtant point de bouteille d’helium à l’horizon.
Plutôt venue pour les Oh No Ono, je n’attendais pas vraiment grand-chose des Drums à vrai dire. L’écoute (très rapide) de leurs morceaux sur Myspace ne m’avait pas plus interpellée que ça… Gentillet… Rien de plus.
Erreur. Leur prestation va s’avérer absolument ébouriffante, décoiffante. Et la magie opère dès l’arrivée sur scène des quatre américains, avec leurs looks 50’s de gentils garçons tendance Happy Days.
Premier morceau : on assiste ébahis aux déhanchés et moulinets du chanteur Jonathan Pierce, qui accapare tous les regards et attentions. Une vraie bête de scène dont le pouvoir de séduction est indéniable.
« Let’s go surfing », titre phare du groupe est représentatif de leur musique et état d’esprit. Ces Beach Boys version 2010 nous servent sur leur planche de surf des morceaux pop lumineux, pétillants et, s’ils la mêlent étonnamment à la new wave, on est loin, très loin de la sombre New Wave… Plutôt sous un soleil californien ou sur une plage de Floride puisque, (aujourd’hui installés à New York), c’est là qu’ont grandis les quatre gaillards.
Le public est déchaîné, ça danse, ça crie des Jonathan par ci, par là.
La Maroquinerie prend des allures de bal de fin d’année américain. On en redemande.
Ah… mais c’est déjà fini, les lumières se rallument… Il est temps de retrouver la grisaille parisienne.
Reportage et photos de Gwenaëlle Simon