Il est rare de tomber sur une œuvre qui semble avoir été composée à la fois il y a mille ans et dans un futur lointain. C’est pourtant le tour de force réalisé par 9EN (prononcez « GEN »). Dans son dernier morceau, l’artiste ne se contente pas de produire de l’électro : il officie en véritable alchimiste du son.
Au cœur de cette épopée sonore, on retrouve le kobyz, un instrument sacré autrefois réservé aux rituels spirituels. Sa texture brute, presque animale, forme la colonne vertébrale émotionnelle du titre. Là où d'autres se perdraient dans la démonstration technique, 9EN utilise cet héritage pour ancrer ses beats modernes dans une dimension mystique. Le contraste est saisissant : l'organique du bois et des cordes vient se frotter à la précision chirurgicale des synthétiseurs.
Thématiquement, le morceau explore le cycle de la nature, ce moment suspendu où l'hiver cède la place au printemps. C’est une musique de renouveau. On y ressent le flux de la vie, une quête d'identité entre nos racines terrestres et notre avenir technologique. L’atmosphère est éthérée, presque vaporeuse, mais reste portée par une énergie contemporaine qui ne lâche jamais l'auditeur.