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photo ©simon grossi

Avant d’aller à Dour, on nous avait parlé de l’ambiance magique qui y régnait et surtout du fait que beaucoup de festivaliers s’amusent à gueuler le nom du festival à tout bout de champ … Etrange Non ? On s’est dit encore des puceaux qui viennent prendre leur première cuite dans un festival »  … mais que nenni …. Douureeeuh comme il faut le prononcer est plus qu’un cri de ralliement c’est devenu un hymne pour le festival … comme si nous appartenions à la même famille … c’est beau non ?
On a découvert ça sur le premier live électro du jeudi. Les spectateurs se sont mis à prononcer ces deux syllabes en polyphonie sur le concert de Jacques, à la plus grande surprise de l’artiste qui pensait être le seul à pouvoir faire de la musique pendant son concert. D’ailleurs il n’était pas tout seul ce jour-là… Son pote Flavien Berger a poussé quelques mots sur son live et l’a invité à son tour sur son set 4 heures plus tard.

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Flavier Berger feat. Jacques / Jacques feat. Flavien berger

5 jours de Festival ! On pensait pas pouvoir tenir aussi longtemps et garder toujours cette excitation pour les concerts … mais ça c’était sans avoir mesuré toute la puissance artistique que représente ce festival … Jamais le mot diversité n’a régné autant avec qualité … Il y en avait pour tous les goûts, toutes les couleurs, 9 scènes et un bar dans la foret … C’est le bar du petit bois ou on a poussé quelques disques le vendredi 15 juillet.

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Ici les festivaliers viennent se ressourcer dans un décor intime loin des grandes scènes … Hormis la scène « last Arena », le dub corner et la scène « De Red Bull Elektropedia Balzaal » Les autres 6 scènes étaient sous des chapiteaux, bien pratique en cas de pluie ! Mais cette année hormis 2, 3 petites goutes sur le premier concert explosif de Jungle by Night (dans le genre je te fais bouillir l’ambiance dès le premier jour), la météo avait décidé de rentrer en communion avec Dour.

La température a monté comme le nombre de festivaliers ! Un record cette année d’ailleurs pour le festival belge avec 235 000 personnes sur les 5 jours. Déjà 37000 spectateurs s’étaient empressés de fouler la plaine de la machine à feux le premier jour avec en point d’orgue, La colonie de Vacances, un concert de Noise ou 4 groupes (Papier Tigre, Electric Electric, Pneu et Marvin) jouent aux 4 coins de la salle.

On avait déjà vu le show à plusieurs reprises dans des lieux moins grands ! On était bien curieux de découvrir ça en festival … avec des spectateurs pas forcément acquis à la cause de ce collectif. Le début il faut le dire est un peu mou, on est un peu déboussolé, le son est encore trop inégal pour se mettre dans le bain … La mayonnaise prendra un peu plus tard avec l’émergence de pogos devant les scènes au lieu d’être habituellement au centre quand le collectif joue en salle. Les membres de la Colonie de vacances diront à la fin du concert « on n’a jamais joué aussi loin des autres ».

Cette année, on pouvait compter une nouvelle scène, la Cubanisto Dancing ! Et tous les jours à 15h, tu pouvais même voir les gugus de Salut c’est cool en résidence « faire nimp » comme ils savent si bien le faire ! Dans le genre plus sérieux, Forma. T fêtait son dizième anniversaire avec notamment Surfing Leons ou Leon Vynehall derrière les platines. La scène ou on est resté le plus longtemps enfin de compte c’est Le Labo …

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Samba de La Muerte (©Romain S. Donadio)

Ok on connaissait déjà la plupart des groupes comme par exemple, Samba de La Muerte qui s’affirme aujourd’hui davantage comme un groupe électro pour le plaisir de nos oreilles. Il y a beaucoup plus de percussions dans leur pop mais c’est rien comparé aux belges de La Jungle, avec 1 batterie il dégomme vraiment tout sur leur passage ! Le public sera en transe également sur le show d’ Islam Chipsy & EEK devenu une figure internationale du mouvement électro-chaâbi qui a déjà fait la joie des Nuits Sonores cette année avec leur musique orientale qui se cogne sévèrement à la musique électronique et aux sonorités noisy ! Rien à voir avec Acid Arab hein ! D’ailleurs c’est l’un des derniers shows qu’on verra à Dour juste avant Suuns … Malgré une grosse réverb sur la scène de la petite prairie, la voix du chanteur nous « hante » davantage.

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Suuns (© Romain S. Donadio)

Jeudi 14 Juillet 23h30 … triste nouvelle … on apprend l’attentat de Nice pratiquement en instantanée … C’est la douche froide ! … Ce genre de nouvelle qui te fait vite oublier les bières que tu viens de boire. Comment ne pas penser à ce qu’il s’est passé cette année en Belgique ou en France … Le fait de se retrouver ici à une dizaine de kilomètres de la frontière française est quelque peu troublant mais la joie sur les visages des autres spectateurs (qui n’avaient peut-être enfin de compte oublier pas allumer leur 4g) nous fait prendre conscience rapidement que l’amour, la fête est le meilleur rempart à l’obscurantisme. Le live de Fatima Yamaha en est la plus belle illustration, le side project de Bas Bron qui raconte l’histoire d’une jeune femme née d’un père japonais et d’une mère turque fait le bonheur aujourd’hui des festivals européens. Un beau mélange de culture qui tient aussi au maniement du synthétiseur de Ba pour des mélodies simples à l’instar de ce superbe morceau « What's a girl to do ».

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la scène De Red Bull Elektropedia Balzaal

Pour terminer sur la musique électronique, on peut dire qu’on est gâté à Dour et on ne connait pas beaucoup de festivals qui peuvent s’offrir un tel line-up, entre Four Tet, Dave Clarke, Marceo Plex, Henrik Schwarz, Ben Klock, MCDE, John Talabot les grands noms s’enchainent à une vitesse déconcertante mais la plus belle scène pour les apprécier est forcément la scène De Red Bull Elektropedia Balzaal, on avait jamais vu une scène pareille, des immenses écrans led devant à gauche et à droite pour en avoir plein les yeux et les oreilles ! Le son était suffisamment fort pour te décourager de discuter avec ton voisin, ce qui n'est pas toujours gagné en festival !

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Sigur Ros (© Romain S. Donadio)

Dans les gros moments on peut compter aussi la prestation de Sigur Ros, la belle douceur qu’on attendait sur ce festival… un show toujours aussi envoutant et grandiose à l’image de Dour, un village ou des milliers de cœurs s’exaltent 24h sur 24h dommage que malheureusement un seul se soit perdu dans une overdose … Mais Douuuureeeuuh ça reste avant tout l’ammoouuurreeuuuh !

P.S. Dour c'est tellement l'amour que le festival a même créé une page facebook pour retrouver la fille ou le garçon que tu as aimé pendant le festival

> https://www.facebook.com/SpottedDourFestival/

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