Arlo Parks a conçu son troisième album, Ambiguous Desire, en s'immergeant totalement dans la culture club. Trouvant un véritable refuge dans les rassemblements nocturnes et explorant l’histoire de la dance music en tant que vecteur de libération queer, elle a commencé à se produire en tant que DJ tout en expérimentant l’usage des synthétiseurs en studio.

Les morceaux qui composent cet opus affichent des basses plus lourdes et des rythmes plus propulsifs que ses précédentes sorties, tout en restant centrés sur des détails intimes, des ressentis et des images poétiques. Bien qu'ils soient nourris par de longues nuits blanches et des moments d'euphorie partagés avec des inconnus sur des dancefloors moites, ces titres ne constituent pas pour autant la bande-son littérale de ces instants.

Le titre « Get Go » fusionne alors des beats typés garage et des bribes de conversations issues de radios pirates britanniques avec des nappes de synthés ondulantes ; ses paroles illustrent des scènes nocturnes tendues portées par un désir d'évasion, rappelant l’incursion d’Everything But the Girl dans l’univers du clubbing durant les années 90.

Les harmonies vocales de Sampha, invité sur le titre « Senses », viennent compléter avec justesse des refrains empreints de nostalgie et des paroles mélancoliques aux accents d'excuses.Arlo Parks se livre avec une vulnérabilité particulière sur le morceau downtempo et brumeux « Beams », écrit au sujet d'une relation passée toxique.

Le premier single, « 2SIDED », retranscrit l'inquiétude des premiers émois et le désir d'être aimée en retour, tout en saisissant l'attente impatiente de retrouver l'autre au milieu de l'effervescence d'un club. Quant à « Floette », qui débute dans une ambiance trip-hop avant de se clore sur une explosion de breaks inspirés par la jungle, elle célèbre la fierté queer, s'apparentant à une version nocturne et branchée du titre « Green Eyes », présent sur son premier album.

L’album Ambiguous Desire propose certaines des productions les plus impressionnantes et audacieuses tentées par Arlo Parks à ce jour. Malheureusement, les morceaux eux-mêmes n'ont généralement pas autant d'impact que ceux de ses deux premiers disques. Si l’album Collapsed in Sunbeams foisonnait de portraits poétiques dont la justesse marque encore les esprits des années après, My Soft Machine se distinguait par des morceaux pop d'une intensité plus immédiate et viscérale.

Arlo Parks s’est toujours distinguée par une voix éthérée d'une grande finesse, mais elle semble ici peiner à s'extraire de la puissance des basses, tant l'énergie brute des rythmiques syncopées finit par occulter la subtilité des lignes mélodiques. Néanmoins, on trouve encore des moments de grande qualité sur Ambiguous Desire, même si ces plaisirs se révèlent presque aussi éphémères que les sorties nocturnes qui ont inspiré l'album.

https://arloparks.bandcamp.com/album/ambiguous-desire

 

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