Après avoir sorti un excellent album de collaboration avec Hudson Mohawke, laquelle sonnait comme un hommage étonnamment sincère à tout ce qui fait la grandeur des musiques de danse et de la culture des clubs, le producteur canadien Tiga semble revenir à son arsenal de prédilection avec *Hotlife*, son premier album en solo depuis 2016. À l’instar de ses trois premiers opus en tant qu'artiste principal, il s'entoure ici d'une pléiade de producteurs invités ; on retrouve cette fois des noms tels que Boys Noize, Matthew Dear, Gesloten Cirkel, Paranoid London ou encore Priori.

Les douze tracks qui composent ce disque se concentrent généralement sur des rythmiques imperturbables, oscillant entre l’électro-techno et la house, survolées par le chant suave caractéristique du producteur. Tiga se montre toutefois sélectif quant au moment où il décide de transformer ses pistes en véritables morceaux structurés. Même lorsqu’il se replonge dans l’exercice de la reprise, une pratique devenue sa marque de fabrique au début de sa carrière, il a tendance à répéter certains fragments de paroles sur un rythme original. On peut l'observer dans sa relecture du titre « Need You Tonight » d'INXS, qui fait l’impasse sur la partie du refrain contenant le titre même du morceau, au profit de paroles qui disent « I’m lonely ». De même, il parcourt quatre des cinq couplets du morceau « High Rollers » d'Ice-T pour le métamorphoser en une pépite acid house haletante, non sans rappeler sa version du « Louder Than a Bomb » de Public Enemy parue vingt ans plus tôt.

On retrouve aussi le Tiga des débuts dans la lignée de ses anciens succès comme « Shoes », le morceau d'ouverture « Hot Wife » affiche une insolence telle qu'il pourrait facilement être adapté en clip humoristique. Si « Iamwhatiam » repose sur un texte tout aussi répétitif, le titre s’impose comme une déflagration électro-techno dont la puissance atteint des sommets d'extase. Les nouveaux venus très en vue du groupe Fcukers, dont je vous ai présenté le nouvel album la semaine dernière, prêtent main-forte sur l’élégant et décontracté « Silk Scarf », tandis que Maara accompagne Tiga alors qu’il semble invectiver on ne sait qui de « Sexless Pornographic Losers ».

Par la suite, « Lollipop » et « Cherry » exploitent des thématiques textuelles similaires mais dans des directions opposées : le premier est lent, percutant et empreint de tension, tandis que le second se révèle plus psychédélique et fluide. De son côté, « I Am Your Detroit Sunrise » se présente comme un instrumental progressif invitant à la transe, sans toutefois atteindre l'euphorie de « Cherry ». On remarque également « I Know a Place », porté par une ligne de basse chaleureuse dans le pur style de la house de Chicago et un rythme percutant, offrant au passage l’accroche vocale la plus mémorable de l’album. Enfin, le grand final « Ecstasy Surrounds Me » sonne comme un retour aux sources pour Tiga, les synthétiseurs vacillants et le chant assuré évoquent l’âge d'or de la new wave des années 80, culminant dans un pont aérien et un dernier refrain magistral.

https://tiga.bandcamp.com/album/hotlife-2

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