On avait beaucoup entendu parler de « This is not a love song ». Le morceau des punks de P.I.L. aura enfin de compte influencé les organisateurs du Paloma à Nîmes pour leur festival, pas vraiment punk dans l’esprit, mais plutôt bien préparé, avec une décoration hippie même (fianlement tout pour faire fuir le punk des années 80).


Ici le hipster est roi ou plutôt le hippister, le petit jeune en mal de sensations n’est pas majoritaire et on parle ici à un public d’initiés qu’on retrouvera plus facilement à la Route du rock, au Pitchfork festival ou à Primavera Sound. Primavera ça tombe bien, car le festival espagnol se déroulait le même week-end et TINALS a sensiblement les mêmes goûts que son homologue barcelonais, du coup le festival nîmois peut d'ailleurs se permettre de négocier des prix raisonnables avec certains groupes qui jouent à Primavera, Barcelone et Nîmes ne sont qu'à 400km de distance et sur la même autoroute.

On ne rigole pas avec les Food-trucks à TINALS


Et si on devait continer la comparaison avec Primavera, l’ambiance ici est nettement plus relaxe, on peut voir les concerts dans de bonnes conditions, on n’avait d'ailleurs pas entendu une acoustique aussi bonne en festival depuis bien longtemps. Il faut dire que Paloma est une SMAC confortable et bénéficie de deux salles flambantes neuves avec de très bons équipements de sonorisation. Le seul hic s’il devait en avoir un, c’est la petite salle du club ou il fallait parfois patienter 5 minutes avant de rentrer compte tenu de sa faible capacité… Ah oui et aussi le karaoké sur la petite scène extérieure entre les concerts, entendre des jeunes filles bourrées, chanter faux sur du Britney Spears, c’est très dur quand même ! Heureusement qu’on pouvait aller s’abriter aisément dans ce grand et beau blockos qu’est le Paloma !

Les activités ne manquaient pas à TINALS en dehors des concerts


Ah et avec ça on avait presque oublié de vous parler des couronnes de fleurs alors c'est vrai que le même week end à Paris il y avait « We love green » devenu célèbre justement pour ses couronnes de fleurs, sa bouffe chère et son public fraîchement sorti du 16ème... les couronnes de fleurs à "This is not a love song" ne sont qu'à 1euro 50 … Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire les filles l'année prochaine si vous voulez gagner du pouvoir d'achat !


Allez … Parlons « musique » car c'est bien le plus important dans un festival ! Pour commencer Dan Deacon : je sais pas si vous connaissez le garçon, c'est le genre de bonhomme qu'on a envie de prendre dans ses bras tant le mec ressemble à un nounours qui aurait pris trop de speed. Alors oui l'amour règne dans ses shows mais l'improbable y tient toujours une grande place ! Programmé bien trop tôt pour plonger pleinement dans son concert ...

Shamir

On préférera écouter Shamir « à jeun », car ce jeune américain avec son sourire au coin des lèvres, a toujours cette envie que le public soit rassasié par ses prestations. Ce qu’on pourra regretter c'est que Shamir mange à tous les râteliers … Il y a quelques petites balades au piano, du r’n’b  mièvre entre les très bons morceaux funk rock euphorisants ... pas toujours cohérent mais bon on lui en veut pas, il est quand même descendu de la scène à la fin de son concert, faire des câlins au public ...

Au même moment c'est Thurston Moore qui jouait sur la grande scène extérieure avec son groupe (accompagné notamment de Steve Shelley de Sonic Youth à la batterie, de Debbie Googe de My Bloody Valentine à la basse et du guitariste anglais James Sedwards) Pas vraiment le même son de cloche, ici l'heure est plutôt au recueillement, on ferme sa gueule et on en prend plein nos oreilles pour ne pas oublier enfin de compte nos vieux chouchous de Sonic Youth.

Caribou


Le meilleur arrive après avec Caribou, un concert de 1h20 sans fausses notes, le public répond bel et bien présent et la tension montera jusqu'au coup de tonnerre déployé par le groupe canadien lorsqu'il interprète son morceau fétiche "sun". Ironie de l'histoire, il n'a plu qu'une heure ce week-end là, et c'était pendant le show de Caribou ! Sinon effectivement le soleil du sud nous a bien cramé nos petites peaux de blancs-becs parisiens !
Un passage par le concert de Thee oh sees nous apprendra que le rock a encore de belles heures devant lui surtout quand on a 2 batteries sur scène ...

 

Public Service Broadcasting

On apprendra également que même les geeks peuvent faire du post rock ça s’appelle « Public Service Broadcasting » et c’était parfait pour conclure cette première belle soirée !

Ariel Pink

La deuxième soirée, il faut le dire, était moins réjouissante que la première, le plus gros fail s’appelle « Ariel Pink » le mec joue avec son groupe très fort en faisant il faut le dire un peu n’importe quoi sur scène, le chanteur reste dans son délire et il ne faut pas avoir fait math sup pour très vite comprendre qu’il ne va pas très bien dans sa tête ! Au point que le public devient tellement clairsemé qu’on aurait pu s'installer avec une nappe devant la scène et faire un diner sur l’herbe (avec des boules quies quand même). Le samedi soir, entre deux concerts c’est Boogers qui régale ! Comme un homme-orchestre il a joué ses derniers morceaux en déambulant partout dans le festival avec une bonne dizaine de spectateurs faisant la chenille derrière lui, chacun tendant un poste de radio FM branché sur la fréquence radio retransmettant son live que l’artiste trublion émettait depuis un sac à dos trafiqué.


Le bon esprit continuera avec la performance de Bagarre qui a su captiver le public du club avec son mélange pas toujours évident de rythmiques entêtantes punk funk avec des chants français mais s’il y a bien un concert qui aura fait danser le public ce soir-là c’est celui de « the Juan Maclean » ! Le groupe de John MacLean (ex-batteur de LCD Soundystem) rejoint également par la chanteuse Nancy Whang, aura su faire sauter les complexes de certains pour transformer la salle du Paloma en compétition de break-dance ! This is not a love song a un bel avenir devant lui c’est sûr !

 

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