bagarre

Bagarre est un groupe auquel on croit beaucoup, alors avant de les retrouver sur la scène de la flèche d'or jeudi prochain pour leur release party, on s'est dit que ça serait sympa d'en apprendre un peu plus sur eux et notamment leurs différentes influences.
On leur a donc demandé de nous pondre une petite mixtape qu'on vous laisse apprécier ici même avec une petite note pour chaque titre :

 

Bagarre - La Mixtape by Novorama on Mixcloud

 

 1. Robert Owens - Bring down the wall
Si la danse fait partie intégrante de l’énergie de Bagarre, c’est avant tout à cause de la musique house. Ce morceau en est la démonstration la plus fine : esprit de fête, liberté érigé comme principe politique : OUI, danser une vie peut faire tomber des murs !

2. Droïds - (Do You Have) The Force, Part 2
On est en 1978, Elvis est mort, le punk se meurt déjà, l’épisode IV de La Guerre des étoiles vient de sortir et deux obscurs musiciens français sortent l’album Star Peace sous le nom de Droïds. On ne sait presque rien de Fabrice Cuitad et Yves Hayat sinon que cet album de disco éthérée inspirée de l’unnivers créé par George Lucas est la bande son parfaite de tous vos voyages dans l’hyperespace à bord du Faucon Millenium et que ces deux là étaient d’authentiques chevaliers Jedi, soyez en sur. “May the Force be with you.”

3. Underground Resistance - Sonic destroyers
Underground resistance a voulu briser les murs de la bêtise et de l’intolérance avec du son et de la danse : Sonic destroyers est la preuve de cette volonté, et de la puissance de sa réussite.

4. Air - La femme d’argent
Invitation au voyage d’un ailleurs synthétique et doux : la texture des claviers se morcelle tout en restant uniforme. Envolées poétiques et rythmes rotatifs : on y entend déjà le ronronnement du train qui nous oblige à regarder passer le paysage à travers la fenêtre.

5. Afrika Bambaataa - Just get up and dance
Un titre qui qui retranscrit l’énergie dans laquelle Bagarre emmène son public à chaque instant, avec un titre qui sonne comme une injonction aussi vitale que le « Lève-toi et rap » de notre Cinquième As.

6. Intik - soldat
Ce n'est pas ce morceau d’Intik que l’on avait choisi pour la playlist, mais Alger fellil (alger la nuit) devenu depuis peu introuvable sur youtube. Alger Fellil parle d'un jeune algérien essayant de vivre, se perdant comme toutes les jeunesses du monde, crachant sur leurs aînés comme plein d'autre l'on fait avant eux et le feront après eux . Ce morceau nous a profondément inspiré pour Mourir au club, et Soldat n’en est pas loin.

7. Aux 88 - Interface
Archéologie du groove, un beat rongé jusqu’à l’os...et oui, encore de la techno de Détroit, des copains d’Underground Resistance...mais écoutez bien; on est pas très loin non plus d’ Afrika Bambaataa quand il allait chercher Trans-Europe Express et Numbers de Kraftwerk dans Planet Rock. C’est qu’à Détroit dans les années 90, à New-York dans les années 80 comme en Allemagne dans les années 70 la musique interroge le rapport de l’homme avec la machine, elle le réinvente. Mélancolique elle se conjugue au futur.

8. Cheveu - The Pirate Bay
Avec une voix amusée et désabusée entonnant une mélodie presque débile et un traitement de la guitare bien plus clair que dans les autres titres, Cheveu nous trouble, dès le premier titre de leur nouvel album Bum, nous baladant dans une sphère étrangement pop qui leur va bien.

9. Police and Thieves - Junior Murvin
On a 15 ans on écoute les Clash et puis un peu plus tard, on tombe sur la version originale de Police and Thieves de Junior Murvin. Alors on quitte Angleterre des années 1970, pour aller sous le soleil de Jamaïque. Mais derrière la tranquillité de cette voix se dessinent la dureté des conflits sociaux qui déchirent la Jamaique. C’est cette tension qui en fait une chanson beaucoup plus punk que la version des Clash.

10. Fils de joie - Adieu Paris
A en croire ces Fils de Joie ou bien Taxi-Girl être jeune à Paris dans les années 80 c’était pas la vie en rose: “Hé mec ! Mec, comment t'épelles Paris ? Paris ? P-A-R-I-S. Non! non, non, non, non! Paris ça s'épelle M-E-R-D-E.” Taxi-Girl, Paris Gigolos tristes, dans la tradition d’un certain Spleen de Paris, les Fils de Joie vous réconfortent et vous font pleurer en même temps. “Paris n’est pas si magique” comme dira Booba, et pourtant...

11. Melvins – Honey Bucket ?
Les Melvins sont les meilleurs amis qu'un ado puisse avoir : c'est à la fois un réel éveil musical et un défouloir sans fin. Aller voir les Melvins en live, c'est comme aller dans une l'église remplie d'amplis marshall avec un prêtre à la coupe dessinée par Matt Groening.

12. The Smith - Heaven knows i’m miserable now
C’est le côté à la fois mélancolique et enjoué qui donne à ce morceau une belle ambiguité, faites de petits désespoirs et de petites joies. On sent une sorte de “struggle for life” pas si lointain de la poésie du quotidien qu’on cherche à explorer avec Bagarre.

13. Ol'Kainry - Clac clac (feat. B.O Digital, Sofiane, Tito Prince, Dosseh, James Izmad, Sams, FTK DU CNL & Ramon)
Le rap c’était mieux avant ? Ol’Kainry, figure underground du rap français, dans le game depuis 1996, vous prouve le contraire en invitant de jeunes collègues pour un freestyle de haut-vol. “Les bidons veulent le guidon: laissez les donc Qu'ils se cassent les dents.” Time Bomb, Les bidons veulent le guidon.

14. Chilly Gonzales - Knight Moves
Le maestro du piano nous démontre encore une fois son génie avec la simplicité toujours plus déroutante de ses mélodies envoutantes, qui ne tiennent à presque rien. Un Cheesy Gonzales qu’on dévorerait toute la nuit.

15. Alain Merheb - Skaba doumour al ‘ain
La skaba est un style de poésie Levantine (Syrie, Liban) d’origine araméenne conservant toujours la même mélodie, mais dont les paroles varient selon l’imagination de l’interprète. Genre traditionnel, la skaba chante l’absence, la mort, et est encore présente dans certaines régions rurales du Proche-Orient. La piste choisie (skaba doumour al ‘ain, qu’on peut traduire par skaba larme de l’oeil) évoque ici l’absence de celui qui est parti en exil. La circularité mélodique et rythmique, l’alternance voix soliste/coeur nous plongent alors dans une sorte d’envoûtement, quelque part entre la prière et la célébration collective de la vie face à la douleur.

16. Leonard Cohen - Love calls you by your name
Sorti de l’album le plus noir de sa carrière (“Songs of Love and Hate”), ce qui frappe dans ce titre c’est l’extrême intimité qui s’en dégage, malgré des paroles très allégoriques. C’est l’amour qui monte de façon souterraine, et vient murmurer à l’oreille de tous un matin dans une cuisine, un soir dans le métro.

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