Doko Mien est le deuxième album d’Ibibio Sound Machine sur le label Merge et le troisième en tout, et il est un peu une synthèse entre le post-punk electro de l’album Yai de 2017 et les grooves afrobeat militants de leur premier album de 2015. C’est aussi un album qui les révèle comme un groupe plutôt en ébullition.

Ils nous y présentent leur propre version d’un afrobeat aux racines nigériennes , en combinant des rythmes organiques et synthétiques, des synthés kraftwerkiens, des guitares psychédéliques, une basse funky et des cuivres puissants.

Doko Mien qui signifie “Dis Moi” en langue Ibibio du Nigeria, est sans doute leur album le plus varié musicalement, avec le premier morceau qui fait débuter l’album sur un morceau funky à la basse digne de Bootsy Collins , des guitares pleines de fuzz et  des cuivres afrobeat. Les caisses claires breakées et les lignes de synthé soulignent le groove tandis que la chanteuse Eno Williams convoque un chant Brit-funk vintage et soul soutenu par des choeurs.

Le morceau qui a donné son nom à l’album est aussi son premier single, un morceau plus influencé par l’electro 80’s qui trouvé un équilibre entre rythmiques synthétiques avec d’autres plus organiques, relâchées et sombres, des claquement de mains, et des cuivres musclés.

Le titre “Wanna Come Down est chanté par Eno Williams dans la langue Ibibio de ses ancêtres, et nous offre une ligne de basse très disco qui s’ébat avec une guitare à la pédale Wah Wah et une rythmique caisse claire/charleston tandis qu’une attaque de synthétiseurs digne de Prince les tance et que des cuivres, encore, illuminent l’harmonie et le rythme du morceau.

Mais aussi satisfaisants que soient ces coups de semonces funky, c’est sans doute des morceaux comme “I Will Run” et et la soul psychédélique de “Guess We Found a Way” qui surprennent le plus. Car même si “I will Run” est aussi le morceau le plus court avec ses 2 petites minutes, son synthé à la pulsation télégraphique qui surmonte une guitare électrique un peu masquée en arrière plan et un autre synthé plus atmosphérique et bourdonnant, avec la chanteuse au couplet circulaire et ses choeurs gospel est sans tortiller une formule jamais entendue auparavant dans la discographie d’ibibio Sound Machine.

La suite se partage entre lignes de basses Dubwise, highlife soul, jazz, Afrobeat, Blues malien, folk nigérian, post-punk, R&B et funk.

Pris dans son ensemble, l’album Doko Mien est à la fois une collection de morceaux dont beaucoup vous empêcheront de rester en place, mais aussi les compositions les plus ambitieuses et variées du groupe à ce jour.

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