A tous ceux qui pensent que l’indie rock n’a jamais réellement existé en France. A tous ceux qui s’imaginent que ce style musical est trop inaccessible. Ou encore à ceux qui jugent que les groupes français de rock indé ne jouent pas au même niveau que leurs voisins américains et sont en retard. Et bien détrompez-vous et prêtez une oreille au nouvel album du groupe Poor Boy. Car avec la sortie de leur deuxième opus, intitulé « Dreamer, are you sad ? », les bretons démontrent brillamment que, non seulement, le rock indé existe dans l’hexagone mais qu’en plus ils s’apparentent à de vrais groupes internationaux de la scène indie rock.
Avant d’en arriver à ce stade, les Poor Boy sont passés par diverses péripéties… Sorti tout droit de la baie de Morlaix, les cinq acolytes, avec à leur tête Jacques Creignou, ont du d’abord s’extirper de leur région et se faire remarquer avec un style musical, trop souvent difficile à exporter… Pourtant avec leur premier album auto produit et sorti en 2006, « Moondream », les morlaisien ont réussi à faire parler d’eux un minimum dans le milieu… Pour cause, cet album canalisait des années d'expérimentations, de rodage live et de multiples collaborations (Abstrackt Keal Agram, John Trap...). Il s’orientait davantage vers un dark folk. Trois ans plus tard, apparaît donc le second opus, « Dreamer, are you sad ? ». Un album réalisé par Peter Deimel, qui s’est occupé entre autre de Sloy, des Kills ou encore des belges de dEUS. L’album est sorti sur le jeune label parisien YY/Discograph.

Pour ce second album, changement d’ambiance, apport d’un nouveau guitariste, diversité des sonorités… Résultat ? L’atmosphère est bouleversée et les mélodies se dérident avec à la fois du rock, de l’électro, de la pop et de l’alternatif…Bref, une multitude d’influences nourrie ce nouvel opus. Difficile d’ailleurs de déchiffrer réellement le genre musical…« Dreamer, are you sad ? » s’apparente davantage à un véritable pêle mêle plutôt qu’à un album qui suit sa ligne de conduite de A à Z. Ici, chaque titre est différent ; tantôt rock électrisant et cuisant, surfant sur la tension et l’adrénaline puis tantôt petite ballade aux allures nostalgiques. La composition de cet album nous donne l’impression que ce sont les morceaux eux-mêmes qui décident et sont maitres de la situation… Chaque titre nous délivre son caractère. Tous aussi différents les uns des autres mais tous aussi charmants et envoutants. Les Poor Boy ne nous laisse pas respirer une seconde mais au final quel bonheur ! Que ce soit sur le morceau éponyme où les Poor Boy nous donne la définition du rock alternatif ou encore sur Days in the Bend où la folk mélodique prend le pas. Enfin, plus efficace et plus puissant, avec Rock’n Orgy et Election libre.

Un album surprenant, séduisant, exaltant et à découvrir d’urgence cet été. Car rappelons-le, les Poor Boy sont bretons, fiers de l’être et ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Alors suivons-les de très près et soyons tous fiers d’être Poor…
Label: YYLabel
 

 

 

 

Tracklist:

   1. Days in the bend
   2. The passer-by
   3. Untitled son
   4. Light from the urban
   5. Dreamer, are you sad ?
   6. Jesus, wine & &Africa
   7. This was the day
   8. Election libre
   9. Not my Caesar
  10. Rock'n orgy
  11. U down
  12. Trock'song
  13. Rock the west coast

 

 

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