Même s’il n’y a plus l’effet de surprise par rapport au premier album, le suivant nous montre le groupe aussi puissant que jamais tout en explorant des chemins plus sombres et plus légers à la fois. Avec Joy As an Act of Resistance, ils ont ainsi réussi à donner une suite à l’album Brutalism avec une musique qui apparaît encore plus explosive mais qui double également la mise sur l’humour et l’authenticité.

Et pour cela, il apparaît clairement que de tourner intensivement a pu être une influence car il y plane un sentiment d’urgence, à tel point qu’ils parviennent à éclipser d’autres groupes qui se prétendent tapageurs.  

L’album est truffé de références de culture populaire et on se rend très vite compte qu’ils nous emmène alors dans un voyage hilarant à travers différents problèmes sociétaux, maniant l’ironie et le sarcasme comme personne pour aborder n’importe quel sujet.  

Par exemple, leur charge sur la masculinité ou le virilisme et leur façon de complètement les démonter fait terriblement mouche, lorsqu’ils encouragent l’expression des émotions et d’inclure tout à chacun sans se laisser influencer par de viles tirades d’un quelconque mâle alpha en mal de reconnaissance qui passerait par là. On en trouve la meilleure expression sur le titre “Samaritans” qui énumère différentes phrases destinées à de jeunes garçons et qui ont tendance à les empêcher de mûrir émotionnellement.

Mais grâce à l’euphorie qu’apporte Joe Talbot au groupe par son chant et ses textes, leur nouvelle oeuvre aborde d’autres sujets comme sa défense de l’immigration sur le morceau “Danny Nedelko” , qui est à la fois une défense d’un cas personnel en faveur de son pote chanteur du groupe Heavy Lungs, mais aussi sur une série de personnages qui ont émigrés au Royaume Uni, le tout sur un morceau qui évolue comme une grande teuf de punk qui célèbrerait je ne sais quel événement dans une joie de gros pirates de la fête.

Sur un autre registre, le morceau June qui arrive à mi-chemin de ce deuxième album vous brisera le coeur de son chant et de ses paroles pour ce qui apparaît comme le titre le personnel de Joe talbot, qui évoque la perte tragique de sa fille encore bébé, une entreprise courageuse et sincère lorsqu’on sait à quel point cet événement est récent pour lui.

Ils ont aussi réussi à inclure une version très personnelle et sombre du “Cry To Me” de Solomon Burke, qui étrangement fonctionne très bien sous cette nouvelle incarnation.

Avec ce deuxième album, Idles arrivent donc à créer de nouvelles perspectives et de nouvelles profondeurs de vue et qu’ils aient réussi à le faire si rapidement après leur premier album prouvent qu’ils sont vraiment l’un des groupes les plus excitants de leur génération et qu’il faudra bien guetter la suite de leurs aventures.

https://www.idlesband.com/