En l’espace de dix ans à sortir des albums à peu près toutes les deux semaines (même si j'exagère on est pas loin de la réalité) les King Gizzard & the Lizard Wizard n’ont pourtant jamais paru se répéter, allant toujours de l’avant à expérimenter et essayer de nouvelles choses, que ce soit de longues excursions jazz, de prog rock synthétique sombre ou de trash metal tonitruant.

Avec ce nouvel album K.G, les King Gizzard & the Lizard Wizard revisitent l’approche microtonale orientale utilisée sur leur album Flying Microtonal Banana.

Mais comment leur reprocher quand d’une part ils s’étaient fait construire sur mesures des instruments modifiés pour explorer ces musiques orientales digérées dans leur approche psychédélique, et que d’autre part ils se sont retrouvés comme nous tous en confinement dans leur maisons avec ces instruments à portée de main. Ils ont alors construit un recueil de morceaux sur cette base d’accords et sonorités non-occidentales.
Mais contrairement à leur album de 2017, où cela ressemblait surtout  à un gimmick, tout réussi qu’il était, cette fois ces guitares modifiées semblent mieux intégrées aux morceaux.

Il y a toujours le rock psychédélique caractéristique du groupe sur des morceaux comme “Automation” et “Some of Us”, des guitares acoustiques dont le mordant fait echo au ricanement un peu maléfique du chant et des paroles de “Straws in the Winds”, des solos de guitares résolument prog-rock sur “Oddlife” et le morceau “The Hungry Wolf of Fate” qui revisite l’attaque métal explosive de leur dernier album avec un beau mélange de retenue et de puissance à la fois.

Même si la majeure partie du disque emprunte des territoires familiers du groupe, ils trouvent toujours de la place pour quelques surprises.

Parmi les surprises on peut compter ces synthés acid house derrière  les guitares du morceau “Minimum Brain Size”, ou le groove moite de “Ontology” qui sonne un peu comme si les Talking heads jouaient avec Kid Creole & the Coconuts et vont carrément sur les influences des grooves Madchester sur le morceau Intrasport, un morceau si dansant qu’on aimerait vraiment qu’un jour King Gizzard & the Lizzard Wizzard s’essaient à nouveau à cet exercice synthétique et dansant sur tout un album.

A part pour ce morceau, le groupe n’a pas vraiment exploré de nouvelles choses sur cet album, et même si cela pourrait apparaître décevant et bien il n’en est rien car le résultat est ici plus que satisfaisant grâce au génie de ces australiens, on est ravis de piétiner un peu avec eux sur ce nouvel album K.G, avant leur prochain bond en avant exploratoire.

https://kinggizzard.bandcamp.com/album/k-g

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