Ice Cream est un groupe qui nous vient de Toronto au Canada et il semble n’appartenir à aucune époque en particulier. Déja sur leur premier album Love, Ice cream de 2016, Carlyn Bezic et Amanda Crist nous présentaient des compositions arides et  dépersonnalisées de rythmiques pré-programmées et de synthétiseurs atmosphériques et new wave, lorsqu’elles n’étaient pas occupée à proposer une sorte de malaise moderne au sein du supergroupe de hard rock Darlene Shrugg. 

Leur histoire se poursuit donc avec ce nouvel album intitulé Fed Up qui exploite l'énergie effrontée de Darlene Shrugg afin de booster l’ambiance mécanique de leur premier album. Il nous est présenté comme une réponse au capitalisme contemporain et au regard masculin, et le duo nous apparaît alors dans son incarnation la plus directe, une association magnétique entre sonorités vintage et angoisses contemporaines. 

 “Bun Roo” Le premier morceau de l’album s’attaque à la précarité économique sur un beat qui rappelle un peu celui du “People Are People” de Depeche Mode. “Dove’s Cry” tente de trouver un salut dans du shopping compulsif sans y parvenir vraiment tandis que le morceau “Peanut Butter” répète à l’envie “Bad Liar” comme une contre-attaque à un monde construit par les hommes et pour les hommes.

Ce qui pourrait manquer d’homogénéité à ces 8 morceaux est largement compensé par leur large éventail d’humeurs, en allant d’un saxophone nocturne très lynchien sur le titre “Not Surprising” à l’électro-pop du titre “Banana Split” .

Fed Up porte donc bien son titre très direct, en ce qu’il n’essaie pas de sublimer sa critique acerbe en une perspective sublimée. Il est brut, retro et pertinent, et il rend très excitant la poursuite du projet du duo Ice cream. 

https://icecreeeammm.bandcamp.com/album/fed-up