Chaz Bundick, l’artiste derrière le pseudo Toro Y Moi ne fait jamais deux fois le même album. Il a passé dix ans à peaufiner son oeuvre Chillwave, ajoutant des éléments, les améliorant, en les dégraissant aussi tout en proposant des albums qui surprennent toujours et toujours dans le bon sens, faisant de lui un artiste incontournable.

Ainsi après le r’n’b narcotique et nocturne de l’album Boo Boo, il semble s’être plongé dans le back catalogue de Daft Punk et de DFA lorsqu’il a composé ce nouvel album.

Il commence alors par trois titres dédiés à la fête, avec des lignes de basses synthétiques, des guitares qui cocottent dans les aigus et des synthés qui wobblent.

Leurs parties vocales à coeur ouvert et les rythmiques accentuées représentent en quelque sorte le carburant des titres que Chaz Bundick a enregistré depuis son projet parallèle Les Sins, très porté sur le Uk Garage à sa sauce américaine.

Aussi l’incroyable groove de la basse sur “Ordinary Pleasure” vaut à lui seul le fait d’acheter ce nouvel album, et les synthés acid house du premier morceau “Fading” ont une certaine lueur nostalgique.

Ces trois morceaux nous font entrer d’une façon très excitante dans ce nouvel album, mais les ardeurs festives de l’auditeur se font relativement calmer avec un R’n’B nocturne et langoureux qui n’est pas sans rappeler l’album Boo Boo de ce point de vue, mais dans une version plus radio-friendly. Le morceau “Miss Me” offre un featuring de la chanteuse Abra avec une instrumentation plutôt dépouillée et le morceau “New House” est une ballade très chill et introspective.

Le reste de l’album se partage entre d’une part des jams enlevés et festif dédiés au dancefloor comme avec le très Daft Punkien “Freelance” ou encore “Who Am I” aussi chauds et joyeux que le premier jour de printemps, et d’autre part des ballades plus chill, mais très élaborées comme “Baby Drive It Down” ou encore “Monte Carlo” qui ont toutes les ficelles de la pop moderne, sans vouloir dire par là que c’est raté ou mal fait, mais néanmoins dans lequel il apparaît moins intéressant et original et davantage comme des imitations de Drake ou de The Weeknd. Si l’on soustrait ces titres à l’album, il reste alors un concentré de fun et musique dansante mieux produite et articulée que la plupart de ses contemporains.

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