Les deux premiers albums de Throwing Snow intitulés Mosaic et Embers sont deux pièces ambitieuses et minutieusement arrangées qui comprennent des instrumentations live, des textures cinématiques menaçantes et des influences allant du dubstep au trip hop, jusqu’au folk psychédélique.

Les singles du producteur Londonien sont quant à eux davantage orienté vers le dancefloor tout en conservant cet esprit spectaculaire et grandiose et tout au long de cette année, Throwing Snow a sorti une série de singles digitaux de deux titres avec les travaux les plus orientés vers la rythmique lourde et le club qu’il ait sorti à ce jour.

Loma est un album qui compile 8 de ces titres, playlistés de façon à donner une véritable expérience d’écoute d’album à l’ensemble.

Les rythmiques y sont agressives et trouvent une filiation dans la jungle, la techno breakbeat bien plus que dans ses travaux précédents qui favorisaient davantage de références au garage et au dubstep. Ils progressent alors autant dans des montées en pression, que dans des développement réguliers ou d’autres plus imprévisibles.

Le titre “Simmer” a ainsi une ligne de basse monstrueuse et complexe, des rythmiques Amen Break qui deviennent progressivement plus nerveuses, “Tantrum” est quelque peu similaire mais aux accents plus industriels. “Myriad” est plus direct dans ses rythmiques mais avec une mélodie plus lumineuse et pleine de surprises. Avec ses percussions plus exotiques et son tempo aux accents footwork, “Vulpine” nous offre encore une saveur différente.

Minotaurs commence lui avec des kicks sourds et une basse bouillonnante pour se métamorphoser ensuite progressivement et lentement en de douces mélodies étendues.

V est sans doute le moment le plus mélodramatique avec des arpèges de synthés aussi redoutables qu’éblouissants et un changement de rythmique radical d’un beat régulier à des rythmiques à la cadence aléatoire et ésotériques.

L’album s’achève sur un remix de 11 minutes très mental du titre Simmer par la productrice house et DJ New Yorkaise Octa Octa.

Tout aussi raffinés et magnifiquement élaborés qu’étaient ses deux premiers albums, ce nouvel album Loma représente sans doute son oeuvre la plus immédiatement appréciable, tout en conservant ses qualités d’orfèvre du sound design et d’architecte rythmique.