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Un nouveau disque pour Michael Benjamin Lerner en forme de mutation, lui qui troque sa Power pop en faveur du revival new wave actuel avec Ad Infitinitum, un album qu’il sort une fois encore sur le label Merge Records. Ce batteur, chanteur et songwriter a eu le vertige de la partition blanche après son troisième album, ou après que sa guitare l’ait emmené aussi loin qu’il lui était possible d’aller.

Et plutôt que de tout plaquer pour vendre des assurances, il a choisi de s’équiper en synthétiseurs analogiques et boîtes à rythmes de tout poil pour revisiter cette ère des années 80 sans pour autant tomber dans sa fange la plus dansante comme beaucoup d’autres groupes ces derniers temps. Son nouveau répertoire convoque alors davantage les fantômes de New order, depeche Mode, OMD, Les Cure ou les bandes originales d’Angelo Badalamenti. Mais sur l’album Ad Infinitum, Lerner se rappelle tout de même d’où il vient et accorde sa science de la chanson power pop à l’austérité électronique de l’instrumentation New Wave.

Ses nouvelles compositions ne sont donc pas celles d’un type en panne d’inspiration et qui accouche tant bien que mal de morceaux par la manipulation au hasard de machines à produire des sonorités, mais bien celles d’un compositeur à qui ces nouveaux joujous redonnent un peu le goût de bâtir des architectures pop avec de nouveaux materiaux rétrofuristes. Sans être tout à fait expérimental, Ad Infinitum est un recueil de chansons qui explore des territoires plus sombres et mysterieux totalement étranger au Telekinesis qu’on connaissait jusqu’alors, et ce nouvel ecrin synthétique a permis à Michael Benjamin Lerner de sortir là un de ses albums les plus accomplis.

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