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Treizième album qui fête les 20 ans d’existence de Deerhoof et tout ça me paraît un peu irréel vu qu’on ne se lasse pas de leur formule de morceaux échevelés qui savent vous câliner, (déguisés en lapin) au moment même où vous êtes au milieu d’un pogo. Mais cela tient principalement au fait qu’ils savent la garder excitante et la renouveler tout en en gardant l’essence de ce qui nous plaît chez eux : ce petit grain de folie noisy tout à fait kawaï.

Et grand bien leur a fait de s’amuser à reprendre “Pinhead” des Ramones durant leur répétitions et parfois en live, un morceau qui leur a servi d’inspiration pour ce nouvel album qu’ils ont intitulé “La isla bonita” et qui nous donne à entendre leur conception très personnelle du garage-rock. Côté lyrics, on est définitivement avec l’écriture très absurde de Derhoof, avec notamment un hommage aux filles intelligentes qui joue de la basse (suivez mon regard qui se pose sur Satomi Matsuzaki, la chanteuse et bassiste du groupe). Pourtant le groupe aborde en arrière fond des thèmes très sérieux et des problématiques contemporaines comme la chute de nos sociétés, l’incertitude concernant le futur, la frustration induite par la communication moderne, mais toujours de manière un peu arty et sans pour autant se prendre au sérieux.

A l’écoute d’un album aussi intéressant et fun que la Isla Bonita, il n’est pas suprenant que des expérimentateurs pop de talent et bien plus populaires tels que St Vincent, Tune Yards ou encore les Flaming lips les citent comme influence. Voilà en tout cas une très belle occasion de retrouver le groupe en concert très bientôt, le meilleur endroit où écouter et même vivre leur musique.

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