Les années qui ont suivi la sortie de l’album Currents, Kevin Parker s’est employé à l’exercice de la collaboration en offrant son talent sur des morceaux d’artistes plutôt mainstream comme SZA, Travis Scott, Lady Gaga et même en composant avec Kanye West. Dans le même temps la popularité de son projet Tame Impala ne cessait de croître au point de devenir la tête d’affiche de gros festivals et de remplir des stades. On s’attendait alors à ce que Kevin Parker développe les éléments discrètement mainstream de l’album Currents, quitte à totalement miser dessus pour rejoindre ses nouveaux amis dans la pop moderne qu’on entend partout sur toutes les radios. 

Et comme vous aurez pu l’entendre avec ce premier morceau qu’on vient de diffuser, ce n’est pourtant pas le chemin qu’il entreprend sur son nouvel album The Slow Rush. Au contraire, voilà un album qu’on ressent particulièrement intime, qui aborde la déception romantique, la mort de son père et la question de sa propre existence en ce monde, 

le tout sur des rythmes à la Madchester, une disco étincelante, une synth pop scintillante et des ballades néo-pop épiques.

Le premier morceau “One More Year” plante le décor avec ses harmonies au vocoder, ses clavier bouillonnants, son atmosphère tout en échos, ses rythmiques caoutchouteuses et la voix haut perchée de kevin Parker. On croirait un mix entre the Stone Roses, Pharell Williams, Daft Punk et Washed Out, et la plupart des morceaux de l’album empruntent ce chemin, parfois en des morceaux qui grossissent progressivement pour mieux se faire balayer ensuite comme sur le morceau “Instant Destiny”, ou en les retournant sur eux-même comme sur “Tomorrow’s dust”, l’un des seuls titres dont les guitares ressortent autant du mix. 

Car c’est aux claviers qu’il se montre le plus génial, que ce soit avec les accords de disco classiques cheesy ou qu’ils fasse vrombrir les synthés vintages pour nous en mettre plein la tête, il prouve qu’il peut laisser la guitare de côté et faire preuve d’une autre virtuosité. 

“Posthumous Forgiveness” est une ode déchirante à son père décédé, qui témoigne de la tristesse qu’il ressent à l’idée du nombre d’événements qu’il n’a pas pu vivre avec lui, comme cet entretien téléphonique qu’il a pu avoir avec Mick Jagger par exemple. 

L’album The Slow Rush marque en quelque sorte la fin du rock à guitare pour Tame Impala, avec un psychédélisme plus diffus à présent, plus doux, et plus enclin à vous tirer la larmichette au détour des paroles, ou d’un balayage sonore au synthétiseur que de vous donner la chair de poule à l’aide de guitares débridées. 

Tame Impala a donc réussi son virage commercial et mainstream en proposant quelque chose de tout aussi puissant et réussi artistiquement que vendeur et accrocheur pour le plus grand nombre. 

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