« Que vois-tu bon scaphandrier ? » demandait Léo Ferré en 1953, la réponse de Arch Woodmann, des tas de trucs sympa !  Sous l’eau les créatures les plus monstrueuses sont embellies d’une douce pesanteur onirique comme sur leur titre employment, ce n’est donc pas uniquement pour Jean Reno que le Grand Bleu est devenu une référence.

Sur la pochette de l’album des quatre plongeurs en eaux troubles, un homme-grenouille trimbale son tube à oxygène au milieu des cactus de la planète Mars.  Embarqués dans leur Nautilus à ressort Antoine, Lucie, Jérémie et Thomas naviguent entre pop mélancolique et surréaliste. On ne parle plus de folk, au bout du troisième album ils ont payé leur dette à la société Hipster.

En guise d'ouverture,  le désormais illustre Good God interprété dans le métro rennais pour une session sauvage du Labo durant les Bars en Trans 2012

Les gaillards des profondeurs se frottent les mains avant une joyeuse aventure teintée de réalisme et d’embuches rocailleuses, car tout n’est pas aussi léger qu’on pourrait le croire.  Le combo basse – batterie, empreint d’une urgence qui n’est pas s’en rappeler The Cure, martèle bille en-tête sur cet amuse-bouche augurant de bonnes chose pour la suite.

L’album s’articule sur d’ingénieux reliefs de morceaux riches en instruments  et sonorités - Dark Dark Clouds -  et de belles respirations comme Sea precious sea ou encore That summer. L’ensemble est aéré et aussi complet qu’un pot-au-feu, dessiné par la voix multi facette du Capitaine chanteur/batteur de l’expédition ; et oui Phil Collins a réellement suscité des vocations.

Jamais avare de propositions, le groupe enchaîne les variations, sur I should be fine délicieusement interprété par Lucie accompagnée d’une basse ostinato sur fond d’intrigantes chinoiseries,  dévoilant un angle plus inquiet. Toutefois comme le titre l’indique ça devrait aller ! Renforcé par le clavier en homorythmie qui semble répéter la même incantation; on est alors plus proche de la tragi-comédie de La vie Aquatique que de la Calypso débridée d’Harry Belafonte. Mais on ne s’appesanti jamais très longtemps chez Arch Woodmann, amarrant séance tenante avec un réjouissant Stupid O’clock  plutôt funk,  aux arrangements finaux bondés de cuivres, de roulement de tambours et de saturations.  

La suite de l’album nous promène dans un joyeux dédale de mélopées chamarées, un sautillant Turn Twenty again va plus piocher dans le minimalisme allemand, sur une longue et lente phrase musicale qui se développe et gagne en consistance par des dédoublements de voix et de rythmiques arrondies. Parking Lot résonne froidement lorsque What did you see serait une modernisation de la chevauchée fantastique.  Des surprises sont nichés dans l’album, comme Fangs, surgit de nulle part, profond et tendu. En forme de pastiche crypto-gothique, à base d’orgue hippie possédé à en faire pâlir de jalousie Ray Manzarec.

La fin de l’histoire du scaphandrier n’est pas très heureuse « Il est descendu, descendu et dans les profondeur du vide le scaphandrier s’est perdu » les derniers titres plus graves feraient écho a cette sentence. Mais c ‘est sans compter le positivisme acharné de Arch Woodman, qui s’en tire avec panache sur Gorge.

Je me demandais comment parler d’un groupe qu’on connait bien sans tomber dans la facilité du népotisme, peut-être en rendant tout simplement hommage à leur impeccable travail en treize coups de brigadier.

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