Le premier album de Perel, Hermetica, sorti chez DFA, était un mélange de post-punk et de space disco, qui s'intégrait parfaitement dans le paysage contemporain des clubs. Son deuxième album, Jesus Was an Alien, sorti sur le label Kompakt, propose davantage une électro-disco plus épurée et des paroles qui interrogent la nature de la foi religieuse.

La productrice allemande a conçu un album curieux qui oscille entre les influences de l'acid, de l'EBM et de la synthpop à la recherche du divin, imaginant un évangile alternatif dans lequel Jésus était en fait une créature venant de l'espace.

Pour planter le décor de cette histoire alternative, Perel se tourne vers la New Wave. Ses compositions cosmiques, quasi psychédéliques, composées de synthés analogiques rétro, s'inspirent de la musique indie dance du début des années 2000 et sont influencées par sa synesthésie.

Le morceau qui a donné son nom à l’album est une collaboration avec Marie Davidson, qui a manifestement abandonné le côté sarcastique pince sans rire, de son album de 2018, Working Class Woman, mais ses paroles mystiques nous font hésiter entre humour surréaliste et une véritable interrogation existentielle de sa part, le tout dans un enrobage chanté qui rappellera beaucoup Mylène Farmer aux plus anciens d’entre vous.

En dehors de cette invitée, je parle de Marie Davidson hein, pas de Mylène Farmer évidemment, les meilleurs morceaux de l'album intègrent avec succès une présence plus affirmée des éléments house du premier album de Perel.

"Matrix" est un morceau sombre et séduisant, rehaussé par ses pianos rave, et "The Principle of Vibration" utilise des accords similaires avec un effet tout à fait magique, les amalgamant dans des lignes de synthé acid-disco. "Kill the System" est un morceau techno plus direct et envoûtant, qui se transforme également en synthétiseurs acid, et qui est renforcé par les paroles monotones de Perel en allemand. Enfin, l'album se termine par un autre morceau palpitant de disco new wave glaciale et propulsive, intitulée "Am Kanal".

La prouesse la plus impressionnante de Jesus Was An Alien réside dans la manière dont Perel parvient à fusionner la dévotion et l'hédonisme, en entremêlant ses références et ses idées d'une manière qui tient la route, voire qui a du sens. Une partie de la raison en est probablement qu'elle ne vous gifle jamais à plusieurs reprises avec son énoncé de concept. Au contraire, elle crée magistralement l'atmosphère de l'utopie qu'elle imagine, de sorte qu'on y accède par la musique.

Étrange, stimulant et brillamment articulé, cet album "Jesus Was An Alien" dépasse toutes nos attentes et de la meilleure des façons.

https://perelmusic.bandcamp.com/album/jesus-was-an-alien

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