Retour de Baths et sa pop électronique sentimentale et bizzaroïde, toujours sur le label Anticon qui ne cesse de se diversifier par rapport à ses premières signatures et on le voit encore avec ce troisième album de Baths qui s’intitule Obsidian.

Will Wiesenfeld qui se cache derrière ce projet, revient à l’emploi de mots en -an à la fin comme pour faire écho à son premier album, mais si son premier disque donnait davantage la part belle aux mélodies torturées par des rythmiques et des sonorités étranges qu’au songwriting, il n’en est pas de même pour ce nouvel opus qui leur donne une part d’égale intensité.

Il arrive à écrire à présent des morceaux qui sont aussi sombre qu’accrocheurs, tout en continuant à jouer avec le tempo, avec des effets de disque qui déraille et autres étrangetés qui bousculent l’enrobage pop de ses contes à dormir debout. Et son écriture est devenue beaucoup plus intime et direct aussi, à la limite de ce qui peut être embarrassant pour l’auditeur, ce qui la rend tout aussi fascinante d’ailleurs.

Elle est parsemée par exemple de questions existentielles ou de confessions qu’il nous jette à la figure de manière relativement détachée et l’air de rien comme sur “worsening” où il demande “ Où est dieu au moment où on le déteste le plus” ou aussi sur le titre "Phaedra" où il dit “ C’est toi qui me donne envie de me suicider” alors qu’en arrière fond se joue la mélodie la plus catchy de l’album.

Un goût pour le contrepied qu’on lui connaissait déja mais qui est mis en exergue avec une intensité renouvelée sur ce nouvel album. Peut-être parce qu’Obsidian a été inspiré par une maladie contre laquelle combattait Will Wiesenfeld pendant son écriture, avec l’ombre de sa mortalité qui plane sur la plupart de ces morceaux.

Toujours est-il que ce revers de la vie l’a aidé à accoucher d’un magnifique album, qui prolonge son oeuvre de la plus magistrale des manières et place Baths comme un artiste majeur de l’indie-pop contemporaine, et je le dis sans rougir.

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