Après le brumeux et nostalgique Halcyon Digest et la beauté fragile de Parallax, dernier album de son projet solo Atlas Sound, Bradford Cox retrouve ses compagnons de Deerhunter pour reprendre une dose de folie et de rugosité, digne de ses premiers morceaux sous cette bannière.

Comme si après tant de soin et de méticulosité, des titres comme Neon Junkyard ou Leather Jacket II lui permettaient de se défouler un peu et de revenir à un materiau crado et bancal de génie qui faisait le charme, si on peut dire , de leurs premiers travaux. Puis le titre The missing écrit par le guitariste Lockett Pundt, présent dès les premiers balbutiements du groupe, nous ramène à leurs productions les plus récentes et les plus délicates tandis que l’album se poursuit avec le country rock déglingué de saloon du titre Pensacola, qui trouve lui même un prolongement avec le très stonien Dream Captain.

L’album Monomania est donc l’album le plus représentatif de la dualité douce/amère ou tendre et brute de l’entité Deerhunter, et même s’il n’a pas la grandeur et l’unité des précédents opus , il permet de rebattre quelque peu les cartes et de réveiller les troupes. Il reste de surcroit qu’il est impressionnant de voir comme, même dans le bordel des morceaux les plus exigeants et bruyants de cet album, l’incarnation du génie de Deerhunter est bien présent.

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A voir également : clip de monomania

Chroniques : microcastle / Halcyon Digest