Depuis plus de dix ans, la chanteuse britannico-canadienne Rochelle Jordan navigue dans l'ombre, malgré un talent indéniable. Son album Pressure de 2012 reste l'un des meilleurs disques R&B qui soit injustement passé inaperçu. Et cette semaine, avec son troisième LP Through the Wall, elle prouve de manière convaincante qu'elle a atteint un nouveau sommet artistique. Entre les vocaux alt-R&B et les refrains pop de ses morceaux se cache toujours une histoire, et l'artiste adore transformer ce récit en quelque chose qui vous tient en haleine.

L'album Through the Wall est la preuve que Rochelle Jordan a trouvé sa voie artistique. Le disque possède la cadence d'une soirée glamour et inoubliable, et mieux encore, vous pouvez revivre celle-ci encore et encore. Cet opus sonne luxueux mais il a probablement coûté bien moins cher à produire que les albums de superstars du genre, et pourtant il sonne plus riche et plus élégant, comme si les synthés étaient en velours.

Une partie de cet effet vient de la cohérence. Tout au long de sa carrière, Rochelle Jordan a maintenu une relation avec le producteur KLSH, et sa présence continue aide l'artiste à réunir les mondes disparates de DāM FunK, Terry Hunter, Initial Talk du Japon et la house chic et groovy de KAYTRANADA dans le même univers soigné. Cette collaboration constitue le cœur créatif du disque, avec des contributions supplémentaires de Machinedrum au mixage.

Rochelle Jordan réussit précisément parce qu'elle ne cherche pas à plaire à tout le monde. Le son qu’elle propose reste cohérent, défini par des vocaux doux et flottants et des tempos modestes. Le morceau "Doing It Too" illustre parfaitement cette esthétique hypnotique, tandis que "Ladida" propose un refrain si imparable qu'il s'imprime immédiatement en mémoire.
Il existe des moments de fougue parmi cette douceur, comme les rythmiques percutantes qui précèdent le dernier refrain sur "Bite The Bait" ou les synthés rongeants qui perturbent la seconde moitié de "Sweet Sensation".

Mais l'album Through the Wall avance essentiellement avec fluidité, glissant impeccablement d'un morceau scintillant au suivant. Cette grâce fait que certains titres se distinguent moins que d'autres, mais il y a trop de morceaux magnifiques pour s'en soucier.

Le disque revendique sans complexe son côté rétro, taillé dans le même tissu soyeux que Timbaland et Noah Shebib. Mais ce n'est pas une mauvaise chose. Rochelle Jordan fait sien ce son, sans effort apparent. Avec ses dix-sept morceaux qui se déploient sur près d'une heure, le disque fonctionne à la fois comme une démonstration personnelle et une célébration pour le dancefloor. Rochelle Jordan ne se plie pas aux tendances, elle fait confiance à son instinct et à son expression subtile. Le résultat est un son bien plus riche et plus élégant que le travail de nombreux contemporains mieux connus et plus célébrés.

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