Le producteur britannique Fort Romeau est à l'origine d'une série de singles de très bonne facture, qui vont de l'acid house finement élaborée à la techno rave extatique.

Beings of Light est son troisième album à proprement parler, et il reste fidèle à son esprit éclectique tout en lui permettant de se diversifier encore davantage et d'explorer des directions plus texturées et ambiantes dans lesquelles il ne s'aventurerait peut-être pas avec ses singles plus orientés clubs.

Le titre  "Untitled IV" ouvre l'album avec des arpèges bégayants et saccadés, semblables à de la transe, qui semblent constamment sur le point d'aboutir sur quelquechose de plus enlevé. Au lieu de ça, le morceau se fond étonnamment dans un lit de cordes, d’instruments à vent et de pluie.
 
Les quelques morceaux suivants sont des morceaux luxuriants et détaillés qui se prélassent dans l'onirisme de la deep house présentent aussi le type de conception sonore méticuleuse et en constante évolution aquatique qui n'était tout simplement pas possible lorsque le genre a été créé dans les années 80. Ainsi, le morceau "The Truth" est rempli de sons sautillants et rugueux qui rappellent le sous-genre microhouse des années 2000, mais avec une vaste canopée de synthés ambiants et une ligne de basse chaleureuse.

"Power of Grace" est un morceau dub-tech vertigineux dans lequel on retrouve l’un sample d’'une des séquences les plus mémorables de Paris Is Burning, le documentaire de 1990 sur la ball-culture new-yorkaise où est né le voguing. Ensuite le titre "Spotlights" s'ouvre sur une pluie de synthétiseurs et de larsens avant de rester sur un rythme régulier et d'accumuler lentement une nuée de sons et de voix éparses, ainsi qu'une couche de nappes de synthétiseurs semblables à des nuages. "Ramona" est un morceau techno plus dépouillé, avec une voix obsédante et étirée qui murmure, jusqu'à ce que des couches de synthés vaporeux et remuants s'infiltrent vers la fin.

Le titre qui clôt l’album semble aller encore plus loin dans cet ensemble onirique, en plaçant des vagues de synthétiseurs limpides sur un rythme cliquetant patiemment avant de les laisser s'envoler dans une forme plus éthérée. Le producteur Fort Romeau fait toujours de la musique de danse - l'un des titres de l'album a été conçu spécialement pour le club allemand Robert Johnson d’ailleurs - mais cet album Beings of Light montre que le producteur cherche à dépasser le cadre de sa production précédente pour évoquer des émotions différentes.

https://fort-romeau.bandcamp.com/

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