Le premier album de néo-zelandaise Kim Pflaum sous le pseudo Laumé s’intitule Waterbirth et nous propose un mix de synth-pop, de house, et de soul 80’s qu’elle avait déja commencé à explorer sous le nom de Madeira avec l’EP Bad Humors, et à certains égards auparavant en tant que membre fondatrice du groupe Yumi Zouma. Elle a également collaboré à différents projets aux mêmes tonalités électroniques aux côtés de Boycrush, Swimgood ou encore Zimmer, qui ont tous participé à étendre ses propres horizons musicaux.

L’album Waterbirth est donc logiquement peuplé de synthés analogiques aux textures riches, de rythmiques électroniques, et d’overdubs de sa propre voix.
Laumé est capable de passer d’expérimentations astucieuses à des morceaux plus directs et immédiats. Ainsi des titres comme “Darkside” , “Spells (Oedipusi) et “Neglect” illustrent ses penchants pour l’esthétique pop à néons des années 80 alors qu’une autre facette se révèle sur des morceaux comme “Voyeurs” et “Villains”, où Laumé a recours à de doux falsettos et à des claviers scintillants. On pense alors à des influences provenant autant de groupes comme M83 que de Washed Out. Il y a une certaine immédiateté à cet album qui sonne comme si on avait réarrangé avec soin des morceaux enregistré live, avec une vulnérabilité et une émotivité brute qu’elle transmet également dans ses paroles. Ainsi sur “Shy Kid” elle se met (ou peut-être se remet ?) dans la peau d’une adolescente solitaire, sur le morceau “Darkside” elle révèle ses insécurités profondes et ses peines amoureuses, et sur “Best You” elle apprend à s’aimer et prendre soin d’elle-même.

https://laume.bandcamp.com/album/waterbirth

L’album Waterbirth nous fait donc découvrir une artiste qui a su construire sa propre architecture pop sentimentale, et qui semble s’être découverte elle-même comme artiste.