L’electro-rock hypnotique des canadiens de Holy Fuck est de retour en ce début 2020 avec Deleter, un album qui fait suite à l’excellent Congrats de 2016 et à un EP plus orienté vers le dancefloor et intitulé Bird Brains.

Tout comme les albums précédents, Deleter est le fruit de jams et d’improvisations auxquelles le groupe se laisse aller en répétitions ou pendant les balances de leurs concerts. Arrivés à ce moment de leur carrière, l’émulation et l’entente entre ces musiciens est telle que la musique semble couler simplement et naturellement de leurs instruments, et leur jeu n’a jamais semblé aussi carré. 

Depuis quelques albums, ils ont intégré des voix distordues par les effets et enfouies dans le mix, et cette fois quelques invités sont utilisés par le groupe pour apporter cette touche un peu plus humaine à leurs rythmes machinaux. 

Ainsi Alexis Taylor du groupe Hot Chip fait une apparition sur le morceau “Luxe” qui ouvre l’album, et qui a été enregistré sur un voice-O-graph rare de 1947 au studio de Jack White, le Third Man Studio, donnant à sa voix un effet étrange et éraillé.  

Le morceau lui-même est un mélange lourd et tournoyant de house et de Krautrock qui donne le ton pour le reste de l’album. 

Le morceau “Deleter” possède quant à lui un rythme new wave et disco surmonté de voix éparses et indisciplinées rejointes par les interrogations pressantes du chanteur des Liars Angus Andrew. Plus loin c’est Nicholas Allbrook du groupe Pond qui intervient au beau milieu des néons scintillants du morceau “Free Gloss”, qui dérive momentanément vers une pause toute en douceur avant de se remettre en selle. Le morceau “Near Mint” est la rythmique la plus littéralement motorique tandis que “San Sebastian” est le seul morceau lent avec “Ruby” malgré les moments extatiques et culminants de ce dernier. 

Penchant donc davantage vers la pop électronique que vers le rock noise, même s’il ne s’en débarrasse pas complètement, Deleter apparaît comme l’album le mieux arrangé et ajusté d’Holy Fuck, alors même qu’ils sonnent toujours aussi spontanés dans leur jeu.

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