Après leur album de 2017 intitulé Volcano, pour lequel Temples avait quelque peu changé leur recette habituelle pour ajouter des synthétiseurs et des structures de morceaux un peu différentes, les voici revenir à leurs bases avec leur troisième album Hot Motion. Une fois encore enregistré à la maison du chanteur guitariste James Bagshaw, ils se sont débarrassé des synthétiseurs et d’un certain minimalisme pour reprendre ce qui leur avait si bien réussi sur le premier album, soit une sorte de boogie tonitruant rappelant un peu le groupe T-Rex, des sonorités de guitare éblouissantes, des harmonies vocales vertigineuses, des chansons aussi accrocheuses que la vague de psyché-pop de la fin des années 60, en rendant l’ensemble encore plus lumineux. Ainsi les effets d’écho sont encore plus prononcés, le jeu est plus assuré, le chant plus fort, tandis que les morceaux sont encores plus impactants et ludique qu'un morceau de leurs débuts. 

Le premier morceau est celui qui a donné son nom à l’album Hot Motion et plante le décor par une décharge sonore en technicolor puis sonne comme si Marc Bolan du groupe T-Rex était devenu le chanteur du groupe The Move. Le morceau “Holy Horses” balance entre gros rock , couplets plus bubblegum et refrain plus onirique, “The Howl” explose en sortant des enceintes comme un jam instrumental proto-prog, “Context” a de jolis parties guitares virtuoses et un chant étrange et spatial, tandis que le morceau “It’s All Coming Out” tinte et scintille avec un côté doucement ensoleillé. 

Pour équilibrer ces morceaux, d’autres prennent davantage leur temps pour atteindre le nirvana psyché-pop. 

Ainsi “The Beam” est une chanson pop baroque à l’humeur nonchalante qui sonne comme tout droit sortie du cerveau de Harry Nilsson, “Not Quite The Same” aussi qui serpente d’une façon aussi moelleuse que très légèrement menaçante et “Monuments” qui pour sa part, offre à entendre une excellente utilisation du mellotron, soit cet instrument de musique polyphonique à clavier lisant les sons sur des bandes magnétiques.

Et le morceau qui se démarque le plus de ces deux ambiances est sans doute “You’re Either on Something” qui propose la recette la plus onirique de Temples mais assaisonnée d’une rythmique funky telle qu’aurait pu utiliser les groupes Go!Team ou encore the Avalanches. C’est une véritable nouveauté pour le groupe et on peut dire que c’est un succès. 

Leur dernier album Hot Motion est donc tout aussi enthousiasmant que leur tout premier l’était en son temps , et bien qu’il manque l’élément de surprise qui nous faisait découvrir un groupe vraiment prometteur à l’époque et qui semblait parfaitement maîtriser son sujet malgré leur jeune âge, il compense de ce point de vue grâce à une maîtrise de leur art encore plus grande aujourd’hui et une sensation que le groupe s’est un peu relâché et détendu dans le bon sens du terme et que leurs compositions ont un flow plus naturel.

https://www.templestheband.com/