Après avoir changé leur nom de Dale Earnhardt Jr.Jr. en JR JR en 2015 au moment de la sortie de leur troisième album, le duo electro-pop de Detroit composé de Joshua Epstein et Daniel Zott s'est laissé un peu rattraper par la facette business de leur projet. Ils ont enregistré de nouveaux morceaux avec la participation de leur groupe de tournée et l’ont appelé Invocations, puis, après des divergences de point de vue, ont quitté la maison de disques Warner. Au même moment, il y a eu les funestes élections présidentielles américaines de 2016, mais aussi des dispositions sur leur style de vie pour sauver leur santé mentale et de plus heureux événements comme devenir parent pour la première fois.

Le duo a alors continué à composer des morceaux tout en cherchant un nouveau label. Ils ont alors décidé de sortir eux même Invocations et son successeur Conversations en un double album, tout en lançant leur propre label Love is Ez Records.

Les 16 titres d’Invocations/Conversations s’ouvrent sur une combinaison entre une bossa électronique et une pop à la Steely Dan sur le morceau “Day In, Day Out”. Les morceaux suivants poursuivent dans le même esprit, offrant des paroles réconfortantes, attentionnées sur la vie de tous les jours et sur l’amour à l’aide de jolies mélodies. Un mélange fréquent de guitares, d’électronique scintillante et de violons se fait entendre sur des morceaux comme “Pull You Close”, tandis qu’ils font un détour par une soul poppy sur le morceau “Twice as Hard”qu’on vient d’écouter, et se tournent vers une pop bouillonnante barrée sur le morceau “Wild Child”.

Leur version d’une pop riche en harmonie et un peu bancale se poursuit sur la deuxième partie de ce double album, intitulée Conversations, avec des morceaux comme “Sometimes I think it would be so nice if I could”, “Dumb Myself Down” et l’ensoleillé “Young Forever” . Le chaleureux “Fade Out” clôt ensuite le double album avec un exercice de gratitude downtempo.

Malgré leurs origines différentes, les deux albums partagent un style de production léché qui laisse la place à beaucoup de détails excentriques autour d’un songwriting puisant ses influences dans la pop sixties, seventies et eighties.

Et s’il laisse parfois transpirer un peu d’auto-dépréciation, il rayonne cependant largement d’une attitude rassérénante et joyeuse.

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