Revenus d’une petite pause après avoir sortie une série d’albums l’année dernière, les King Gizzard & the Lizard Wizard nous reviennent en 2019 avec Fishing for Fishies, un album qui tire une inspiration très personnelle du blues et qui est sans doute la musique la plus accessible qu’ait composé le groupe depuis l’album Paper Mâché Dream Ballon. C’est aussi la suite de leur exploration sans relâche du cosmos sonore disponible, après avoir remisé leurs instruments aux gammes microtonales, débranché une grande partie des synthés et revu leurs ambitions expérimentales à la baisse en faveur de tubes indie détendus et enlevés à la fois où s’ébattent joyeusement pianos, guitares, chant à la cool et instruments acoustiques en pagaille.

Ainsi ils nous font grandement oublier qu’on apprécie avant tout leur goût du risque pour, finalement, réapprendre à se détendre un peu et taper du pied avec eux sur des jams qui respirent davantage la spontanéité et le fun, tout simplement.

Mais facétieux comme ils sont, ne vous étonnez pas d’être réveillés par de grosses saturations comme sur l’intro de Real’s Not Real, avant de retourner dodeliner de la tête gentiment puis vous faire rattraper encore une fois par cette même saturation de guitares qui vient intensifier l’expérience et nous rappeller que ces australiens gardent la pêche.

Ils n’ont heureusement pas renoncé à la richesse habituelle de leurs arrangements et leurs sonorités acoustiques et électriques racées gardent tout le caractère qu’on a toujours apprécié chez eux.

Et rassurez-vous encore, quand les King Gizzard se frottent au blues, les chemins de traverse restent aussi décalés que par exemple une rythmique 4/4 technoïde et disco sur le morceau Acarine, ou encore l’apparition d’un vocoder rétro sur le boogie de science fiction du morceau “Cyboogie”.

Voilà ce que nous offrent The King Gizzard & the Lizard Wizard avec un disque à la hauteur de leur talent mais débarrassé de tout excès d’ambition ou de volonté de composer une musique edgy à tout prix, et qui s’attaque aussi bien au blues qu’ils ont pu le faire par le passé avec le garage, le metal, la folk, le psyché, le jazz et le prog rock. Soit une belle addition à leur oeuvre qui ne souffre que peu de déchets.

https://kinggizzardandthelizardwizard.com/