Sur le papier, cette collaboration entre le producteur house Etienne De Crecy, l’anglaise riot Girl nouvelle génération Delilah Holliday du groupe Skinny Girl Diet et le dandy caustique Baxter Dury avait peu de chance de fonctionner.

Mais peut-être était-ce un pari assez fou pour que cela marche justement car leur premier album B.E.D apparait comme une vraie réussite.

Sans doute parce que ces différents artistes ont travaillé leurs talents très personnels afin de former un ensemble cohérent, avec Etienne De Crécy s’efforçant de composer des instrumentations laissant davantage de place à ses nouveaux acolytes pour qu’ils puissent s’exprimer, Baxter Dury de ses monologues toujours empreints de déboires et de mépris et Delilah Holliday apportant sa pierre de drame velouté à l’édifice.

Des morceaux à l’électronique tapageuse comme “Tais-toi” ou plus plastique comme “How Do You Make Me Feel” sont un mélange parfait de leurs différents talents.

Baxter Dury y est très drôle et pervers, Etienne de Crecy façonne un groove machinal à la cool et Delilah Holliday prend en charge le refrain avec style.

C’est une recette qu’ils répètent ensuite avec quelques variations lorsque Delilah Holliday s’accapare tout le chant sur le morceau “Fly Away” ou sur “White Coats” qui dévoile de véritables sentiments sous les sarcasmes, ou d’autres morceaux réservés au seuls monologues de Baxter Dury.

Le seul reproche qu’on pourrait faire à cet album est son caractère un peu trop concis avec ses 8 morceaux eux-même très courts et dont certains semblent se terminer de façon trop abrupte.

Un tel concentré de différents talents aurait pu composer un album au moins deux fois plus long sans risquer d’épuiser leur inspiration.

On espère donc une suite à cet ovni de collaboration qui développe plus avant ces petites merveilles au goût de trop peu.