Tom Krell a toujours utilisé quelques éléments bruitistes de manière subtile et suggestive, en révélant puis occultant les morceaux de How To Dress Well avec des nuages de reverb et de distorsion à différents degrés en fonction des albums. Le compositeur donne une suite à l’album Care aux qualité très cristallines avec The Anteroom, qui met en avant les aspirations les plus expérimentales d’How To Dress Well qu’on avait plus entendues de cette manière depuis ses débuts. Ainsi sur son premier album Love Remains, l’utilisation de textures électroniques expérimentales renforçait le côté très surnaturel de ses mélodies et le même phénomène s’observe sur son cinquième et nouvel album.

Et pour cela, il a tiré son inspiration de l’écrasante solitude qu’il a pu ressentir après son déménagement à Los Angeles et bien sûr au désespoir ressenti après les élections américaines de 2016.

Il a alors utilisé des sonorités abrasives pour construire des espaces d’isolement, de protection et de transformation au sein de l’album the Anteroom.

En travaillant avec son co-producteur Joel Ford, un autre artiste doué dans l’association de langages pop et expérimentaux, Tom Krell applique cette fois ces effets de façon plus sélective. Il laisse sa voix se frayer un chemin au milieu de la distorsion tandis que seon environnement reste plus clair sur le morceau “Humans Disguised as Animals / Nonkilling 1” puis il contraste ensuite ses tonalités soyeuses de voix avec des rythmiques chargées en électricité statique sur le morceau “ A Memory, The Spinning of a Body / Nonkilling 2”.

Cependant, les connections sur l’album The Anteroom sont tout aussi importantes que ses divisions. Ansi Tom krell explore les manifestations physiques de l’agonie mentale sur des titres aussi variés que “Body Fat” et “July 13 No Hop No Pain” où il soupire  "I only feel pain when I'm holding on" soit “ je ne ressens la douleur que lorsque je m’accroche” au milieu de moments de poésie parlée et samples glitchy.

Mais il trouve aussi du temps pour des moments plus rassérénants sur le morceau ‘Love Means Taking Action” , un morceau de pop thérapeutique qui sonne plus authentique que la plupart des chansons d’amour de son album Care.  Sur ce morceau , ainsi que sur la plupart de ce nouvel album, Tom Krell nous apparait revitalisé, revisitant son passé plus bruitiste avec l’expérience qu’il a gagné depuis, il nous offre un album aussi impressionniste que ses premiers travaux mais façon encore plus aventureuse.   

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