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Michelle Blades est une américaine aux racines mexicaines et panaméennes qui a eu la bonne idée de venir à Paris en 2012 pour nous enchanter de sa voix de rossignol impétueux, et d’un chant équilibriste qu’elle se complait au fil de ses productions à bousculer de sonorités Lo-Fi, électroniques ou électriques. C’est ce mélange sucré-salé, ce jeu sur les contrastes et bien sûr ses qualités vocales exceptionnelles qui m’avaient séduit d’emblée lorsque je la découvrais en 2011 grâce au label défricheur Camaraderie Limited. Elle a depuis rejoint Midnight Special Records chez qui elle semble s’épanouir au sein d’un label qui semble davantage être un collectif, voire une famille bien plus qu’un simple catalogue, aux côtés de Cléa Vincent, Malvina Meinier ou encore Kim.

 

Si son précédent album était plutôt électrique et taquinait les frontières d’une indie pop ludique, Polylust semble la retrouver dans un registre plus synthétique et pondéré, où sa voix se prête à un jeu de cache cache avec un indie R’n’B qu’on pourrait être tenté de croire influencé par Amber Coffman et ses Dirty Projectors, mais dans un propos bien plus ralenti et dépouillé. Il lui suffit bien souvent d’une basse au clavier, de cliquetis rythmiques et de sa voix pour nous emporter dans son univers. Sur le fond, Michelle se confie avec abstraction et poésie sur les errances et questionnements de sa génération, sur les nouveaux schémas amoureux, le désir et l’ennui, ainsi que sur ses inclinaisons nomades.

Un morceau, New Friends, prend une résonnance toute particulière puisqu’il a trouvé son inspiration dans sa propre expérience des attentats du 13 novembre à Paris, alors retranchée dans un bar au rideau baissé au milieu de ceux qu’elle appelait alors ses “nouveaux amis”. Cléa Vincent et Fisbach lui offrent quant à elles un featuring francophone fort bien senti sur le morceau Two tongues, premier témoignage en musique de son nouvel environnement bilingue qui nous laisse caresser l’espoir qu’elle aussi s’amuse à parfois chanter en français à son tour dans un futur proche.

L’EP Polylust échappe donc haut la main à l’anecdotique malgré la brièveté relative à sa nature et représente une bien belle addition à l’oeuvre de Michelle Blades tout en lançant de nouvelles pistes indie r’n’b qu’on aimerait voir encore développées plus avant dans de prochaines productions..

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