Cela fait maintenant trois ans que le groupe de shoegaze 100% féminin de Los Angeles Warpaint a sorti The fool ! Un premier album qui avait particulièrement séduit le public indé avec ses guitares hypnotiques et enchevêtrées et ses vocaux féminins puissants bien que vulnérables et le talent des américaines pour changer de braquet en plein milieu d’un titre pour mieux nous surprendre.

On attendait donc avec impatience la suite qui vient de nous arriver sous la forme d’un album éponyme et on s’aperçoit souvent à force d’étudier le parcours de toutes ces formations musicales, que quand un groupe choisit de ne pas donner de nom à un album qui n’est pas leur tout premier, c’est pour témoigner d’une renaissance ou d’une mue, et que le groupe semble dire en cela que cet album représente réellement l’univers sonore et l’identité de notre groupe.

 

Hypothèse confirmée par les propos de Theresa Wayman guitariste et chanteuse du groupe qui trouvait que leur premier album était trop baroque, avec trop d’instrumentations et trop dense à son goût. Et ce nouvel album apparaît en effet plus minimaliste, plus sombre aussi , moins accessible que le premier mais encore plus intéressant car il montre que rugosité, folie et douceur peuvent tout à fait cohabiter, et que le groupe a su élargir le spectre de ses influences.

La chanteuse Eily Kokal confie d’ailleurs à ce propos de ce nouvel album qu’il a été réalisé sous l’influence de nombreuses écoutes de rap et R’n’B, expliquant la présence de rythmique de type Boîtes à rythmes, c’est à dire un peu machinales , ainsi que d’éléments sonores et d’ambiance qui l’ont emmené au delà des frontières d’un rock qu’on pourrait dire plus “standard”, ou du shoegaze plus “gentil” de leurs début.