Le premier album de la sensation anglaise King Krule et son bâgout qui nous fait encore dire que le talent n'attend pas le nombre des années !

Avec seulement 19 ans pour ce jeune rouquin dont la voix déchirée et tonitruante contraste de manière quasi-surnaturelle avec son physique de freluquet.

Mais quel caractère! Avec sa gouaille de mauvais garçon et sa bouille à la Ron Howard dans la série Happy days qui grogne de manière ethylique ses chansons comme le faisaient si bien Shane Mc Gowan avec les Pogues ou Joe Strummer des Clash.  

 

Ses paroles brutes mais pleines de sagesse de la rue sont très bien servies par cette voix mixée bien en avant sur une musique faite d'accord jazzy. Des accords jazzy plaqués sur une guitare au son clair mais relevée par une légère reverb qui fait en fait crépiter les cordes par moments.

La hargne de cette voix ne fait pas que contraster avec le physique à qui elle appartient mais aussi avec la nature même de la musique jouée par Archy Marshall derrière son pseudo King Krule, une musique toute en ballades lentes et le plus souvent dénuées de toute section rythmique, où la guitare et la voix suffisent à émouvoir ou retourner les tripes.

Et lorsque rythmiques il y a, ce sont des boîtes à rythmes lo-fi et breakbeat qui se font très vite oublier dans le mix, saupoudrées avec parcimonie de boucles et de sonorités d'inspiration trip-hop ou post-dubstep. Le jeune King Krule a bien saisi l'ère du temps britannique et le duo électronique Mount Kimbie l'a bien compris en l'invitant à prêter sa voix sur deux morceau de leur dernnier album que nous vous avons présenté avant l'été.