Avec « lonely hearts radio », fingerbleed transforme une douleur intime en matière électronique expansive. Le producteur, guitariste et songwriter né à Nijmegen et installé à Amsterdam signe ici un titre aussi dansant que vulnérable, où la pulsation club cache une confession à vif.
Prévu sur son premier EP Instant Gratification, attendu plus tard cette année via Avant Garden Records, « lonely hearts radio » se présente comme le morceau le plus émotionnel du projet. Derrière son titre évocateur, le morceau prend la forme d’un dialogue adressé à sa mère : une façon de lui demander de ne plus s’inquiéter, de lui promettre que ses rêves iront loin — et que sa musique finira par voyager autour du monde. Mais cette ambition se charge d’un poids plus profond, nourri par les épreuves familiales et les conséquences de l’accident de son père.
Musicalement, fingerbleed ne cherche pas à résoudre cette tension. Il l’installe au cœur de la production. Des mélodies aériennes, presque brumeuses, flottent au-dessus d’un beat distordu et entraînant ; la voix, douce et soufflée, paraît parfois perdue dans l’écho, comme si elle lançait un appel dans le vide en espérant qu’une présence réponde. La surface est euphorique, prête à embraser un dancefloor nocturne, tandis que les couches électroniques plus abrasives révèlent une mélancolie persistante.