Cinquième album de Pictish Trail, le projet pop psychédélique instable de l'Écossais Johnny Lynch, Island Family est l'occasion pour le musicien de se laisser aller à des réflexions sur la nature et l'individu, et de remettre en question les notions de ruralité idyllique et de capacité de l'homme à habiter sur une île car Johnny Lynch vit sur l'île d'Eigg, où, depuis son déménagement, il a construit une maison, fondé une famille, créé le label Lost Map Records et lancé un festival de musique.

Ces réflexions sont nées après avoir vécu toute l’année sur son île, les tournées et autres activités ayant été suspendues en raison de la pandémie de COVID-19.

Bien qu'il ait fait appel à Rob Jones, producteur de longue date de Pictish, Island Family relativement moins épicé et moins porté sur les synthétiseurs que son prédécesseur Thumb World.

C’est vrai car il opte plutôt pour des guitares bruyantes et des ambiances plus sombres, tout en conservant la fantaisie et l’inattendu, propres à la musique de Pictish Trail. Ainsi le morceau qui a donné son nom à l’album, établit cette palette plus sombre avec des rythmes électroniques grossiers semblables à la frappe d’une machine à écrire et une voix taquine avant d'arriver à une deuxième partie plus circulaire, plus chantante.

Les paroles s'intéressent elle aux fantômes, aux cimetières et aux rituels en tous genres. Mélangeant des synthés basiques, des guitares grunge et des voix à l’unisson, "Natural Successor" maintient ensuite l'atmosphère en tonalité mineure qui domine l'album, hormis quelques exceptions.

Les deux morceaux suivants, "The River It Runs Inside of Me" et "In the Land of the Dead", par exemple, s'appuient sur des timbres de claviers, des cordes et des effets de flux de machines, entre autres éléments, y compris, dans le cas de ce dernier, des rythmes entraînants qui accompagnent l’environnement plus sombre.

Les cloches et l'écho des touches aquatiques du bref "Thistle" précèdent l'unique et luxuriant hymne psychépop de l'album, "Melody Something", avant que les sons industriels ne réapparaissent sur "Nuclear Sunflower Swamp".

Aussi étrange que cathartique, l’album Island Family se termine sur une satire technologique intitulée "Remote Control", qui ressemble à une sorte de collage, pour une expérience partagée de névrose solitaire.

https://pictishtrail.bandcamp.com/album/island-family

 

 

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