Parmi quelques apparitions entre la sortie de l’album Green Twins dont je vous avais parlé en 2017 et ce nouvel album Will This Make Me Good, Nick Hakim a aussi enregistré un single avec ses camarades du collectif Onyx.

C’est lui qui était en tête d’affiche pour la face A intitulée “Vincent Tyler”, une ballade tourmentée mais entraînante qui parle de la découverte d’un cadavre. 

Ce morceau réapparait sur ce deuxième album mais dans une incarnation bien différente, rallongée avec un effet de boucle jouée à l’envers qui sert de rythmique avec une grosse caisse qui apparaît alors étouffée, complétée par un nouveau chant presque vaporeux.  

Cette nouvelle configuration du morceau est une façon légèrement poussive de ma part e montrer à quel point cet album apparaît plus surréaliste, tendu et tumultueux que le précédent Green Twins.

Dans la chanson qui a donné son nom à l’album, l’agitation de Nick Hakim mijote pendant les premières minutes puis déborde lorsqu’il s'exclame en un cri déchirant“ But don’t give in to a master plan/ Burn it down, lock that shit up in flame” ( Ne cède pas à un grand plan d’ensemble, mais brûle le, fous le feu à cette merde ”). 

Le morceau “Drum thing” , de façon plus complexe et façonnée que son titre le laisse entendre, nous révèle Nick Hakim dans un état de folie, se livrant à une diatribe, criant dans une forme de flux de conscience qui passe de vaniteux à combatif puis lubrique, et nous quitte sur les mots de “What’s the use” ( A quoi bon ).

Puis comme pour le morceau “Vincent Tyler” , la perte d’êtres chers a inspiré un autre morceau intitulé “Qadir” , un hommage à l’un de ses amis sur une cadence à combustion lente. Une plaidoirie en faveur du maintien de connection entre les âmes tout autant qu’une élégie, avec le rappeur Pink Siifu et la chanteuse Paris Strother du groupe King au milieu de bien d’autres voix dans un mix tourbillonnant qui rappelle les Funkadelic des débuts. Le répit de la mort et d’autres imageries d’angoisse, avec des âmes qui errent sans but, un espoir qui se fait la malle, et les insomnies qui en découlent sont plutôt rares ici. Heureusement, il est rassurant de voir qu’il garde quelques occasion de montrer l’étendue de la sécheresse de son humour noir, surtout dans un emballage aussi chaleureux. 

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