Jackie Lynn c’est la nouvelle alter ego de la chanteuse Haley Fohr, plus connue pour son projet Indie Folk experimental Circuit des Yeux que je vous avais présenté dans cette émission. 

Son premier album éponyme sous le nom de Jackie Lynn nous racontait en 2016 l’histoire de ce personnage né à Franklin, Tennessee en 1990

En 2010 cette Jackie Lynn a pris un bus pour partir à Chicago où elle a rencontré un type nommé Steve Strong et les deux ont alors commencé à lancer un biz de cocaïne en brassant des millions de dollar. L’histoire raconte aussi qu’ils étaient connus pour organiser des teufs luxueuses dans un appartement du sud de Chicago. Les deux protagonistes ont fini par se disputer, et tandis que les voisins ont appelé les flics pour violence domestique, le temps que ces derniers arrivent sur place le couple avait disparu et ils ont alors retrouvé ce premier album dans l’appartement comme pièce à conviction. 

Et avec son nouvel album dont le titre n’est que la transcription de son nom sous une autre graphie à la française “Jacqueline”, Haley Fohr poursuit son carnet de voyage de ce personnage hors-la-loi, en cavale depuis son aventure à Chicago. 

Accompagnée par les trois membres du groupe Bitchin Bajas, l’album Jacqueline abandonne les influences synth pop et Krautrock du précédent pour un son plus space disco, avec notamment le premier morceau “Casino Queen” et sa batterie martiale et ses bleeps joueurs de synthétiseurs filtrés . “Shugar Water” est plus proche d’un mélange glam rock, proposant un générique joyeux pour une échappée à la campagne. 

D’autres morceaux comme la country cosmique de “Dream St” nous offrent  de riches arrangements de cordes par Julie Pomerleau et Bobby Conn, tandis que “Short Black Dress” nous mystifie et nous retourne le cerveau par ses guitares inversées et son orgue emphatique. 

Avec davantage de manipulations vocales et des effets de delay audacieux, le morceau “Odessa”apparaît lui plus épique et hypnotique à la fois, comme un morceau du groupe Silver Apples en plus disco. 

Ainsi même s’il sonne plus ambitieux et développé que le premier disque de Jackie Lynn, ce nouvel album sonne pour autant toujours comme un side project expérimental, mais il est clair qu’Haley Fohr et ses amis ont l’air de vraiment bien s’amuser avec ce projet et il est facile de se laisser entraîner dans ce monde onirique et immersif.

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