Et comme un aveu de sa démarche façon”DJ”, Adam Bainbridge débute son troisième album en tant que Kindness, le très smooth “Something Like a War” avec un extrait du morceau “Transition” d’Underground Resistance, lorsque la litanie du MC lance un : "There will be people who will say, 'You don't mix this with that,' and you will say, 'Watch me.'" 

Il utilise ainsi ce manifeste pour annoncer qu’il est de retour dans le game, fort de son travail de producteur avec Blood Orange et Robyn. 

Et cette déclaration semble avoir guidé la plupart des compositions de Something Like a War. Assemblées à partir de sessions qui ont eu lieu sur trois continents et 20 studios différents, son art-pop digère la funk, l’afro-beat, la house,  le new jack swing, le dub et le garage, sans se fermer à d’autres univers.

Son casting est fidèle à l’univers de Kindness mais à la hauteur d’un Quincy Jones dans ses dimensions car il y a convoqué non moins de 20 invités vocaux, de fort belles parties cordes et cuivres et assez de musiciens pour monter plusieurs groupes différents. 

En tant que producteur et principal compositeur Adam Bainbridge programme les rythmiques, joue certains instruments, arrange et emploie quelques samples détournés de Todd Rundgren et Playa. 

Après quelques morceaux house qui sonnent assez live pour sembler avoir été enregistré lors d’une petite teuf dans une maison, l’album plonge dans une ambiance plus privée et vulnérable où patience, action et expressions sans fard sont brandies comme indispensables à une forme d’intimité.

La rappeuse Bahamadia, soit la seule vocaliste à rompre avec la tendresse générale avec Sullivan aussi probablement, s’attaque ensuite à une forme d’oppression avant que l’album se close sur Adam Bainbridge, Cosima et Nadia Nair partageant des couplets sur un émouvant morceau final invitant à lutter contre la dissimulation de soi.

https://kindness.bandcamp.com/album/something-like-a-war