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Les canadiens de Suuns n’ont rien perdu de cette démence froide qui transpire par toutes les pores de leur musique sur Hold/Still, c’est le nom de ce troisième album qu’ils sortent encore une fois sur le label Secretly Canadian. Chaque titre se voit encore une fois méticuleusement et étroitement enroulé dans une corde raide à la tension palpable. Le malaise est tout à fait patent à l’écoute et c’est même une signature pour le groupe canadien qui à l’aide de guitares et de synthétiseurs parvient à illustrer de véritables odes à l’aliénation. Les guitares jouent alors autant sur les répétitions de motifs litanesques en picking que sur des bends qui vous dévissent la tête, en tirant sur les cordes pour en changer progressivement la tonalité qui “glisse” alors comme on glisserait dans la démence.

Les sonorités synthétiques se font elle tantôt très terrestres, allant chercher dans les basses de quoi vous frapper la poitrine à haut volume, tantôt se perdent dans des fréquences rappelant le 1000Hz, cette fréquence qui rend fou et que les plus anciens d’entre vous ont peut-être déja entendu sur une mire de barres lorsque votre télé subissait une interruption des programmes.

Les rythmiques privilégient la grosse caisse qui sait pourtant se faire oublier pour mieux se faire désirer, tandis que la voix de Ben Shemie ânonne des paroles qui nous rappellent que cette musique est aussi sexy que dérangeante. Et avec ces ingrédients Suuns surfe comme peu d’autres (si ce n’est peut-être le groupe Clinic notamment) à mi-chemin entre une pop au groove addictif et des expérimentations qui confinent au bizarre.  Hold/Still prouvent en tout cas encore une fois que les canadiens se sont fait maîtres de la répulsion faite attraction.

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