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Dire que John Dwyer, pilier du groupe Thee Oh Sees est un stakhanoviste, n’est peut-être pas ce qui fait de lui et de sa formation quelque chose d’aussi extraordinaire. Car il a beau avoir accouché de six albums en cinq ans, ce qui impressionne le plus c’est sa constance à produire des morceaux qui sont soit très bons, soit carrément excellents à partir de guitares crépitantes et de chant sous reverb qui s’unissent pour accrocher l’oreille sans ménagement.

Après une petite parenthèse incarnée par l’album Drop, qui le voyait un peu calmer le jeu et même se trouver un goût pour la pop et les violons et cuivres baroques sur un morceau, le revoilà toutes guitares dehors avec Mutilator Defeated at last, son nouvel album qu’il sort sur son propre label Castle Face. Il nous sert là des délires post-psychédéliques, pre-hard rock ou hardcore garage avec une voix menaçante de film d’épouvante.

Il s’éssaie aussi au boogie avec le morceau ‘Turn Out Light” et finalement s’amuse à en réinventer l’essence en quelque chose d’encore plus amusant à écouter. Il soigne d’autre part son goût pour l’étrange avec un morceau d’acid folk instrumental de guitare moitié western / moitié générique de trente millions d’amis, et d’autres chansons qui ne mettent certainement pas la pédale douce sur sa corde psychédélique. Mais ce qu’on retient de l’album Mutilator defeated at last, c’est ce retour à l’énergie explosive des ces explosions de guitares noisy qui glorifient la saleté sous l’effet psychotrope du psychédélisme le plus bad boy qui soit.