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S’ils font toujours dans la puissance et le bruit, les premiers morceaux de ce nouvel album de A Place to Bury Strangers intitulé Transfixion montrent une nouveauté fort interessante dans la musique des américains : la voix d’oliver Ackermann n’apparait plus noyée en arrière plan comme par le passé et devient une force motrice, au même titre que l’instrumentation.

Pour le reste, peu de groupes peuvent se vanter d’avoir une approche aussi nuancée du bruit fait musique, même si la teneur très débridée et féroce de leur prestations scéniques ont pu laisser penser le contraire par le passé. 

En tout cas une chose est sûre, la formule du bruit constant a vécu pour A Place To Bury Strangers et ce nouvel album montre une envie de renouvellement de la part de la formation new yorkaise qui passe par une réduction des occurrences de déflagrations . Mais que les fans du groupe et de musiques qui rendent à moitié sourd se rassurent, réduction ne signifie en aucun cas raréfaction sur un album qui saura délivrer sa dose de noise à saigner des oreilles.

Ce qui frappe le plus sur ce nouveau disque, c’est cette capacité à illustrer autant de différents sentiments dans une musique qui parait pourtant assez monotone en terme d’émotion. Mais la colère côtoie la reconnaissance , l’amour, la passion et le désespoir dans un même écrin de noise et de percussions qui lancinent comme des crampes.

Leur album de 2009 Exploading Head proposait un affinage de leurs attaques soniques, celui de 2012 Wisdom un prolongement de cette direction, Transfixion montre un groupe capable de se réinventer au péril de son identité, mais ici avec succès.

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