pandabear.jpg

En tant que Panda Bear, l’échappée solo de Noah Lennox a patiemment évolué d’une sorte de folk brouillon au canevas de samples dédiés à la béatitude et à la transe de son album de 2007 Person Pitch, pour ensuite devenir plus terrestre, minimal et sombre sur l’album Tomboy sorti en 2011.

Voici qu'il sort à présent un nouvel album intitulé Panda Bear Meets The Grim Reaper, et nous offre le meilleur de ses divagations soniques au ralenti à travers 13 titres qui apparaissent encore plus affutés, maitrisés et positifs que jamais.

Pour la première fois, la musique de Panda Bear semble prendre autant de dimension et de force que les morceaux pop les plus riches qu’il a composés pour Animal Collective. Même s’il arrive à le faire de manière de plus en plus personnelle,  le chant de Panda Bear est toujours autant inspiré par les Beach Boys, avec des polyphonies vocales qu’il assure pourtant à lui tout seul… C’est beau la technologie!

Les différentes atmosphères de ce nouvel album penchent parfois vers l’electropop rythmée avec l’accrocheur et tapageur Mr Noah ou le très entrainant titre Latin Boys qui rappelle tout la clarté du titre My Girls sur l’album Merriweather Post-pavilion d’Animal Collective.

A d’autres moments, son goût pour l’expérimentation et la répétition influencée par la techno minimale ou les expériences sonores de compositeurs du 20ème siècle comme Steve Reich ressort davantage. Et même sur les moments les plus sombres peut-on ressentir que le cœur est léger , en tout cas bien davantage que sur l’album Tomboy, plus blasé et tourmenté.

L’équilibre de cet album se trouve donc aux confluents de la pop hypnotique et d’une introspection nuageuse, un équilibre que Noah Lennox a mis des années à perfectionner pour en faire quelque chose de très personnel et par conséquence de très accompli.