Leur dernier album Veckatimest s’est imposé comme un classique évident et ce dès la première écoute, par l’ingéniosité de sa composition, la classe et la propreté de sa production qui, alliée à une recherche mélodique hors du commun, l’ouvrait à un auditoire bien plus large que celui de la simple scène indépendante. Et c’est effectivement ce qu’il s’est passé, ils ont fait les plus grosse émissions américaines de divertissement, ils ont été adoubé par Jay-Z, ont fini en très bonne place dans les charts américains.

Et cette ouverture au grand public, préméditée ou pas, ils l’ont réussi sans rogner sur la qualité de leur musique et de leurs arrangements et sans tomber dans le racolage pop. Ce nouvel album on aura attendu 3 ans pour pouvoir y jeter une oreille, ce qui semble comme une éternité pour nous mais comme l’explique le groupe 2 ans et demi de tournée pour promouvoir l’album, ainsi qu’une petite retraite bien méritée avant de réattaquer la composition et l’enregistrement d’un album, ça leur a paru au contraire passer très vite. Et un peu de la même manière que pour le nouvel album d’Animal Collective dont on vous parlait la semaine dernière, le groupe explique n’avoir jamais composé de manière aussi collaborative pour ce nouvel album «  Shields ». D’habitude ils partageaient des maquettes de morceaux que chacun écrivait dans son coin, puis chacun mettait sa pierre à l’édifice de l’autre tout en respectant la paternité et l’idée de départ.

Cette fois-ci, ils se disent assez mûrs et assez proches pour être capable de composer ensemble au même moment et dans la même pièce. L’autre élément qui en fait un travail collaboratif, c’est qu’ils remaniaient les morceaux jusqu’à ce que chacun des membres estime en être l’auteur à part égale.

Le résultat à l’écoute de l’album Shields, est forcément moins pop, avec moins d’accroches évidentes, mais un travail d’orfèvre dans l’arrangement de riffs de guitares au son toujours aussi classieux et poil à gratter où la légère saturation électrique s’acoquine avec la propreté et la chaleur d’instruments et notamment de peaux de percussions plus chauds et plus doux.

Les Grizzly Bears touchent un nouveau sommet avec cet album Shields, qu’ils sortent encore une fois sur le label Warp et dont on s’écoute tout de suite un nouvel extrait avec ce Yet again qui se trouve être justement le plus pop de l’album histoire de démentir un peu tout ce que je viens de dire, comme ça pour le fun.

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