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Shy Layers c’est le nom qu’a choisi l’artiste visuel JD Walsh, originaire d’Atlanta, pour publier sa pop électronique baléarique aux inspirations africaines dans ses lignes de guitares et l'utilisation de certains instruments aussi percussifs que mélodiques. Ajoutez à cela l’utilisation parcimonieuse d’un vocoder étrangement apaisant et tous ces ingrédients ont fait de sa musique et de son premier album en 2016 un favori des critiques musicales bien renseignées. Ce premier album n’était en fait qu’une réunion de ses deux premiers EPs dont les meilleurs morceaux piochaient autant chez le plus dansant du répertoire d’Arthur Russel, le soft rock des années 70, le krautrock mais aussi le highlife africain (soit la rencontre entre la musique africaine traditionnelle et le jazz).

 

Deux ans après Shy Layers nous revient donc avec l’cet album “Midnight Marker”, grâce au label New Yorkais de Tim Sweeney : le label Beats in Space

Si son premier album a servi à introduire les bonnes vibrations et la panoplie d’influences au goût sûr de Shy Layers, ce nouvel album prend un tour plus exploratoire à mesure que JD Walsh son créateur s’est lui-même familiarisé avec ce petit monde sonore qu’il a façonné.

Par défaut l’étiquette électronique lui colle à l’identité lorsqu’il s’est agit de décrire sa musique mais à l’instar de l’anglais Bibio, qu’on a eu l’occasion de vous présenter dans cette émission,  cette étiquette apparaît certainement réductrice pour une musique si merveilleusement protéiforme sur le plan sonore et qui s’attache autant à un jeu live des rythmiques, guitares et percussions qui la compose.

La production est impeccable et les tonalités souvent étranges, parfois même proches du loufoque en ce que son coeur balance de façon un peu éthylique entre des grooves funky, des concentrations originales de sonorités organiques et numériques, et parfois ce qui ressemble à de la musique au mètre pour une présentation vidéo institutionnelle des années 80, mais sans la connotation péjorative qu’on pourrait ressentir à cette évocation. .

L’album nous offre autant de morceaux instrumentaux que proposant des voix, mais ceux où apparaît des parties chantées ne sont pas pour autant des chansons à part entière mais davantage des voix instruments , souvent surmonté d’un vocoder discret qui donne un peu d’étrangeté à la chaleur et à l’âme du chant de JD Walsh et ses nombreux invités.

Voilà donc une musique hors du commun qui montre encore une fois que la pop peut s’inspirer du meilleur d’autres genres pour proposer une meilleure version d’elle même.

https://shylayers.bandcamp.com/