La Balade des gens heureux :

Sonnez le tocsin, le Concrete Knives nouveau est arrivé le 29 Octobre dernier, enfin. Personnellement je m'impatientais un peu, heureusement pour temporiser je suis allée à Walibi, et j'ai rongé mon frein en silence.

Après leurs superbe EP "You can't Blame the Youth", il est évidant que tout le monde les attendait au tournant. Et on peut dire qu'ils ont su relever le défi, en livrant un jouissif album; effrontément positif.

 

A l'heure ou Daniel Cohen nous explique à grands renfort d'arguments socio-économique pourquoi l'homo Economicus que nous sommes devenus ne parvient définitivement pas à être heureux, les trublions de la pop à la béchamel vont eux, nous démontrer qu'il en faut peu pour être heureux. Une guitare avec des riffs bien pensés ,une fille qui sait chanter et haranguer les foules , un batteur et un bassiste métronomiques et c'est parti "mon kiki" !  

Quelques 35 min plus tard, on est regonflés à bloc grâce à des hymnes d'une efficacité redoutable comme "Wild Gun Man" ou le guerrier "Greyhoung Racing", comme un petite air d'Arcade Fire en effectif réduit.

On retrouve pas mal de titres qui ont propulsés le groupe sur leur premier EP, "Happy Mondays" ou "Brand New Star" sont d'ores et déjà des tubes; ils auraient eu tort de nous en priver sur leur album.

"Be your Own king" est à la hauteur de son titre, dès la première chanson "Bornholmer" on sent la fièvre monter en nous, légèrement teinté de clavier cold-wave; mais alors très légèrement puisque le groupe se garde bien d'être trop tendance ou alors à leur manière comme sur "Africanize". Un soin particulier est apporté à chaque intro, pour que l'on puisse apprécier à leur juste valeur chaque histoire. Le récréatif "Roller Boogie", morceau instrumental de l'album offre une petite parenthèse candide et plus apaisée que le reste du disque. Lequel s'achève sur un presque grandiloquent "Blessed", les voix en écho et le lent gimmick au clavier annonce la fin du voyage après 10 titres rondement menés. Heureusement, ils nous ont tellement excités qu'on va remettre l'album sur le champs, Concrete Knives en guise de traitement homéopathique, c'est ça le XXIème siècle.