Et Dieu créa les voix de Hope Sandoval (Mazzy Star) et de Jennifer Charles (Elysian Fields) ; des chants vaporeux harmonisés par les compositions de compagnons fort inspirés, Oren Bloedow dans le cas Elysian Fields. Le parallèle entre les deux formations est obligé. Les deux femmes cultivent la langueur et le mystère, la volupté et le calme, ce je-ne-sais-quoi de divin.


 

Pas vestale, Jennifer c’est assez le genre de pépé qui jurerait que ce n’est pas elle qui a tué son mari parce qu’elle arrangeait son amant. Oui, l’imaginaire s’affole vite avec cette dream pop fatale arrangée de piano jouant le regret, de batteries, le suspens et de guitares distordues, la tension d’un ténébreux film.

 

Mais la magnétique magie noire de Bum Raps & Love Taps se place un rien en dessous de So Tonight I might see (de Mazzy Star) par un procédé qu’on est bien désolé de formuler, sans doute moins de réverb’ dans l’orchestration, ou la dévotion à Hope ferait de l’ombre aux filles du genre, que sais-je ? C’est de la magie je vous dis.

 

Elysian Fields "Bum Raps & Love Taps"

(NaÏve - Septembre 2005)