Avec plus de quarante ans au compteur, Les Trans Musicales ont toujours gardé la fougue de leur adolescence… Comme les Bars En Trans même s'il est plus récent, il reprend la recette des débuts des Trans quand le festival était implanté uniquement en centre ville. Ces deux festivals tiennent bons en proposant une programmation alléchante sans grosses têtes d’affiches. Cette année le pari était plus compliqué il faut le dire… Si les deux festivals bretons résistent toujours à l’invasion des gros noms, pouvaient-ils tenir avec les grèves des transports ?

Les festivaliers ont prouvé qu’ils tenaient à ces deux festivals et peu importe les galères pour venir à Rennes, les plus vaillants étaient bien présents. Les Trans Musicales n’ont perdu au final qu’un millier de festivaliers sur 56 000 participants. Si le public était néanmoins clairsemé le jeudi au Parc expo, les Bars En Trans ont fait le plein ce soir-là en centre-ville, du moins aux concerts ou nous nous sommes rendus.
Il fallait être patient pour rentrer au Penny Lane, on a d’ailleurs raté comme ça We Hate You, Please Die en faisant la queue à l’entrée… On s’est rattrapé sur Dewaere mais c’est à la soirée au Théâtre du vieux Saint-Etienne ou on s’est le plus régalé… 

Tout d’abord avec Murman Tsuladze, puis Macadam Crocodile… Le premier est le projet d’un membre du groupe La femme… Avec un côté kitsch totalement assumé, le groupe belge joue avec les clichés sur l’orient mais n’oublie pas de nous enchanter par leur prestance. Il y a un peu d’humour dans tout ça mais toujours de la bienveillance dans leur disco sans frontière. Macadam Crocodile en avait plus sous le capot avec leur son afro funk synthétique. Le duo de Montreuil n’y va pas par quatre chemins pour vous faire danser, le groove arrive très vite sur un rythme à la fois simple et extatique. On regrette juste d’avoir raté Tiger Tigre qui faisait l’ouverture de la soirée mais le bus qui nous a emmené à Rennes ne nous a pas donné le choix…

Enfin de compte c’est au Théâtre du vieux Saint-Etienne qu’on aura vu la plupart des concerts des Bars en Trans. Cette ancienne chapelle du couvent des Augustins est l’une des plus grande salle des Bars En Trans… Samedi, la belle âme de Lucie Antunes a dû redonner du sacré à cette vieille bâtisse du 12ème siècle.

Il faut dire que la veille, Bracco avait tout cassé, le groupe de Noise Garage parisien a joué au milieu du public, le chanteur s’est très vite dévêtu pour se mettre torse nu devant un batteur (en transe). Un vrai moment de rassemblement punk et hors du temps, une énergie rarement vu après un apéro trop vite consumé… Le “binge drinking” du bruit dans toute sa splendeur et dans une farandole de spectateurs ébahis.

Extrait du live de Bracco sur instagram 

Retour aux Trans Musicales, dans les coups de coeurs on notera la prestation de l'Éclair devant un Ubu rempli à rabord, leur funk progressif nous a tous conquis par une basse batterie dansante pour envoyer valser leur multiples influences qui vont du jazz aux musiques africaines et psychédéliques. Pas besoin de chanteurs, les instruments catalysent ici toute la puissance de leur groove.


Dans le rayon “bêtes de scènes” il ne fallait pas rater la prestation de GuissGuissBouBess. en inventant l’electrosabar , ils modernisent le Sabar, cette musique sénégalaise remplie de percussions. les membres du groupe ne restent pas en place ! On s’en prend plein la gueule… Et à 3h du mat, ils viennent clairement remettre une bonne dose de folie et de chaleur à la soirée du vendredi !

Un groupe qui devait apporter beaucoup de chaleur et qui a un peu déçu ce soir là c’est Los Bitchos, les uruguayennes ont un peu lassé sur la longueur avec leur musique instrumentale, mélange de rock et de chicha péruvienne… C’est effectivement original et sensuel mais sur la longueur ça manque un peu de relief. Mais la plus grosse déception restera quand même de ne pas voir Marc Rebillet, l’artiste a pris malheureusement la grosse tête et n’avait pas envie de se confronter à la grève. Il a tout simplement annulé !

Dans les satisfactions, il ne fallait pas rater le nouveau show d’Acid Arab. Déjà programmé en 2013 lors de la 35e édition des Rencontres Transmusicales de Rennes, Guido Minisky et Hervé Carvalho ont accueilli 3 autres membres dont Kenzi Bourras. Ce concert était unique avec plusieurs featurings dont Les Filles de Illighadad, chanteuses envoûtantes du Sahel nigérien et le chanteur algérien Sofiane Saïdi, très content manifestement de pouvoir s’exprimer devant un hall 9 bouillant. D’ailleurs c’est le concert qui aura réuni le plus de monde cette année et c’était justifié. Ce groupe représente bien l’ouverture des Trans Musicales en mélangeant autant de cultures différentes avec l’avant-gardisme qu’on lui connaît.

Pletnev qui jouait avant Acid Arab est aussi dans la même optique. Le dj et producteur russe signé sur le label français Hard Fist transperce les frontières musicales avec son electro profonde. Un peu déboussolé par la grandeur de la salle, il est resté scotché devant ses platines, en ne sachant pas au fond s’il pouvait pousser plus fort ou rester dans un mode warmup.

Le Druide ne nous aura pas convaincu à la Greenroom alors qu’on était tombé sous sa magie l’été dernier au Visions Festival. Si sa sélection est impeccable elle n’est pas toujours très bien amenée, passant d’un morceau hystérique comme “High Pressure Days” de The Units à des titres plus sombre. En tout cas bravo pour la déculotté musicale… C’était bien couillu de l’avoir programmé dans une salle sponsorisée par une “bière grand public”.

Enfin pour finir, la petite cerise sur le gâteau avec le dernier dj set à 5h du mat du samedi. Bre.Tone a livré un set parfaitement calibré pour que tout le monde se retrouve sur la piste de danse dans la joie et la bonne humeur. Pari réussi, des danseurs “ivres” ont livré des performances “torses nus” quand d’autres ont essayé de faire de la gymnastique.

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