Presque 10 ans qu’il est là .. Le Pitchfork Musical Festival de Paris est un rendez-vous incontournable pour ceux qui s'intéresse à la pop dans toutes ses dimensions…  Cette année, on peut dire que Pitchfork a encore ouvert un peu plus son spectre pour faire un peu plus de place à la musique urbaine.

La première soirée présentait quelques valeurs sûrs de ce style tout en gardant quelques OVNIS dans sa programmation à commencer par Comet is Coming, ce groupe de Jazz hors-norme joue les troubles fêtes avec ses sonorités électroniques et son batteur complètement déjanté…

Le trio jouait dans “le studio” l’une des deux nouvelles scènes du festival. Il devait au moins faire 35° dans cette salle située au sous sol de la grande halle de Villette. Il fallait être aussi patient pour pouvoir assister à ce show dantesque, le studio ne pouvait pas accueillir plus de 500 places environ. Comet is Coming a su capter le public. La salle se présente comme un amphithéâtre et les gens ne sont pas restés assis. Au premier rang les danseurs étaient déchaînés.

Il y a avait clairement plus d’ambiance que les éditions précédentes, car le public n’était pas le même, moins blasé certainement. C’est Skepta qui mettra tout le monde d’accord le premier soir jusqu’à faire vaciller la passerelle du VIP, implantée cette année au milieu du festival. Il fallait voir la tête des vigiles pour comprendre qu’on pouvait courir un danger en sautant dessus. Heureusement pas de blessés, on vous rassure.  Le rappeur pionnier du Grime Skepta aura fait le taf, et l’énorme écran vidéo en fond de scène l’aura bien aidé.

Le deuxième jour on s’en prendra plein la gueule sur Chromatics, leur chanteuse Ruth Radelet incarne clairement “la classe”. Elle nous ensorcelle avec sa voix, elle qui pourrait très bien sortir d’un film de David Lynch… Un groupe mystérieux qui a bien joué sur son image élégante. Si leur musique peut paraître plutôt froide aux premiers abords, on ne s’est pas ennuyé.

Vendredi, Il ne fallait pas rater également le groupe “CHAI” ce combo de japonaises a tout cassé dans la petite halle. Entre disco, post punk et esprit kawaï, ces 4 jeunes filles “plutôt gentillettes” balancent des gros sons saturés sur des mélodies simples. Si elles jouent peut-être un peu trop sur leur côté naîf, elles n’ont pas oublié de faire le “show”. Elles iront jusqu’à se déguiser dans d'énormes peluches voodoo pour compléter ce concert fou ! Belle et Sebastian jouait après elles sur la grande scène, moins foufous que les japonaises, le groupe anglais a réussi néanmoins à faire monter quelques personnes du public sur scène. Enfin pour calmer tout le monde, il fallait bien que cette soirée se finisse avec un artiste plus minimal…

John Talabot nous a mis quelques étoiles dans les yeux avant qu’on reparte de plus belle au premier after Red Bull au Trabendo. Si on a pas tout compris ou 박혜진 park hye jin voulait nous emmener elle a réussi une transition parfaite avec HAAi- qui a mis beaucoup d’effets dans son mix. Elle nous a captivé comme Afrodeutsche qui avait un spectateur de choix au premier rang. Daniel Avery soutenait ses copines derrière les platines. 

Le deuxième after Red Bull était également très techno, si on attendait un mix plus house de la part de Mall Grab qui faisait un peu pilier de cette soirée, il a monté clairement les BPM jusqu’à qu’on entende “Pump the jam” sur le set de Emma Dj. Quelle drôle d’idée !

Le dernier soir à la grande halle était aussi explosif… On ne vous parlera pas du show de Agar Agar, on n’a pas compris pourquoi le vigile présent sur scène s’est mis torse nu, à faire le gogo dancer… Peut-être un message adressé à notre cher ministre de l’intérieur. ‘Un représentant de l’ordre peut-il se mettre à nu ?’

Sebastian n’avait pas envie de faire dans la dentelle également, il aurait pu cramer les enceintes tellement il a joué dans le rouge pendant son set. il a livré un set hargneux, de la reprise du morceau de Rage against the Machine jusqu’à ses dernières productions avec Charlotte Gainsbourg. Il ne s’est pas calmé… Enfin la cerise sur le gâteau pour nous était incontestablement le set de 2 Many Djs…

Un retour en arrière d’ailleurs quand on sait que le duo belge qui a créé aussi Soulwax, a organisé dans la grande halle de la villette, il y a 10 ans sa soirée Soulwaxmas avec des artistes d’Edbanger, deux ans avant la première édition du Pitchfork festival à Paris. Le duo qui a joué sans écran, a livré un set plus élitiste, moins grand public comme on a pu le voir ces derniers temps, reprenant d’ailleurs plusieurs artistes de leur label Deewee. La boucle est bouclée