Les Nuits Sonores sont en grande forme ! On les avait laissé il y a presque 10 ans et notre retour à Lyon a été plus que réussi… Les lieux ont changé par contre l’énergie débordante des festivaliers n’a pas bougé. Entre les scénographies soignés et la sonorisation plus adapté aux scènes, on ne peut que se réjouir de ces nouvelles configurations. On vous raconte notre périple entre l’espace de jour à la sucrière et celui de la nuit aux anciennes usines Fagor.

La première surprise des Nuits Sonores s’appellent Nu Guinea ! On connaissait l’album mais en live, le duo napolitain prend de la hauteur avec un vrai groupe pour l’accompagner sur scène. Malheureusement tout le monde n’a pas pu les voir. Il fallait bien s’organiser. Le groupe jouait au sucre. C’est la plus petite salle de la sucrière et celle ou il y avait parfois une file d’attente pour y rentrer. Pour les plus chanceux ou les plus motivés et ils étaient bien présents au premier rang, le groupe s’est arrangé pour nous faire voyager avec son savant mélange d’afro disco, le tout réhaussé par quelques passages un peu psyché ou jazzy même… Le saxophoniste s’est d’ailleurs bien fait plaisir. Quant à la chanteuse, elle nous a bien ramené 30 ans en arrière avec son look 80’s.

Enfin cette journée s’est terminée en grande pompe avec la marraine du jeudi, Peggy Gou. La coréenne n’a pas fait dans la dentelle et a préféré joué uptempo, loin de ses productions disons plus “funky”.

Vendredi, le mercure du thermomètre est monté d’un cran ! Il faut dire que la météo a été généreuse avec nous cette année et les organisateurs qui ont bien voulu faire, avait installé un grand chapiteau avec une bâche transparente pour éviter la pluie sur la seule scène extérieure de la sucrière. Pas de bol, ce chapiteau a servi plutôt de serre avec ce temps estival et on se serait cru dans un sauna(r) (Ok elle était facile).

Jensen Interceptor arrivera plus facilement à capter les spectateurs de la salle 1930 que Joy Orbison qui pourtant avait ramené quelques petites sacs dans son sac. Enfin le combo Danny Daze puis Maceo Plex était l'enchaînement parfait. Danny Daze est resté tellement concentré dans son mix jouant avec les multiples platines sur la table qu’on s’est demandé s’il ne créait pas de la musique en direct … Le résultat était à la hauteur. Maceo Plex est resté fidèle à lui même, il a su nous en mettre plein la figure en jouant avec quelques effets subtiles dans son mix electro racé, prenant à la fois au coeur et au corps !

D’ailleurs c’est ce que fera Laurent Garnier en fin de soirée aux anciennes usines Fagor. Il fallait faire preuve de patience pour accéder à la scène ou Lolo se produisait, le dj star a bel et bien ramené une meute dense ! Heureusement passé la première demi-heure, ceux qui venaient juste prendre en photo le maître français des musiques électroniques sont partis. Comme souvent Laurent Garnier utilise son titre “crispy bacon” comme “peak time” de son set et ceux qui attendaient le “I feel love” de Donna Summer sont allé vite se coucher. Lolo était en forme et a joué techno, il nous a pas ennuyé une seconde…



Samedi, la carte blanche était accordé à Lena Willikens et elle avait invité Vladimir Ivkovic à rejoindre dans un B2B qui a commencé tout en douceur pour devenir beaucoup plus musclé au fil de leur set. Lena est resté de marbre tout au long de leur prestation, la djette de Düsseldorf connu pour son éclectisme a joué enfin de compte sur un registre plus conventionnel. Dehors sur l’esplanade, on n’a pas tenu très longtemps sur le set de Tolouse Low Trax à cause de la chaleur, on est allé chercher la fraîcheur du côté de Mutant Beat Dance, le trio jouait sur un registre disco punk, pas toujours très réussi. Il faudra attendre Marie Davidson pour décoincer tout ça !  La québécoise est allé jusqu’à monter sur le dj booth pour se faire entendre. Bref elle a réussi !


Retour sur le site de nuit pour le dernier soir, Flavien Berger essaie de faire des blagues entre ses morceaux, oui c’est pas très drôle, lui-même se demande d’ailleurs ce qu’il fait là dans un festival électro, alors il lance un “vive la techno”, l’artiste doit combler, il avoue à son public qu’il n’a pas assez de morceaux pour finir son show. Alors on part voir Jeff Mills et Tony Allen dans la deuxième halle, les deux icônes captivent toujours autant leur public ce qu’aura du mal à faire Charlotte Gainsbourg plus tard, on l’entend à peine et on préfère regarder les installations lumineuses bouger dans les tous les sens. Il fallait clairement aller voir Nova Materia à ce moment là… les 10 dernières minutes étaient grandioses et Marvin and Guy qui joueront après nous prendront vraiment au bide, il faut dire qu’ils sont aidés de cette installation lumineuse incroyable qui réagit aux fréquences de la musique.

Enfin comment ne pas mieux finir qu’avec un set de The Black Madonna, la djette en pleine tournée mondiale avec “we still believe” était accompagnée sur scène de performers, drag-queens. Oui c’était encore une belle fête de la tolérance et de l’amour ces Nuits Sonores !