L’infatigable festival breton a encore fait le plein cette année, avec des bonnes découvertes qui ont presque toutes tenues leurs promesses et une fréquentation toujours aussi honorable en affichant 58000 spectateurs sur 5 jours. Leur frère des Bars aux Trans s’en ait bien sorti aussi avec 5500 spectateurs. D’ailleurs ce sont les Bars en Trans qui nous donneront notre première bonne claque jeudi soir avec Oktober Lieber. Marion Camy-Palou et Charlotte Boisselier jouaient au Bar’hic devant une salle pleine.

Leur Cold synth rugueuse nous a prit aux tripes, il faut dire qu’on était à 30 centimètres des enceintes… Parfait pour rentrer complètement dans leur univers enivrant. Derrière, le public était tout autant compressé que des parisiens dans une rame de la ligne 13. Il faisait chaud et si tout le monde était statique au début, les agités du premier rang ont tout fait pour qu’on transpire davantage. Sur la place des lices devant le Bar c’était une toute autre ambiance, des jeunes avaient posé des enceintes bluetooth pour y passer une sorte de reggae électronique débridée…

C’est aussi pour ça qu’on aime les Bars En Trans, il y a toujours de belles rencontres à faire et on vous parle pas des toilettes de leur after, toujours un grand moment ! Avant de partir au Parc Expo, on peut aussi vous parler du Penny Lane qui a été clairement notre QG vendredi et samedi, au fond du tunnel voûté on y a trouvé plusieurs lumières et la première s’appelle Braziliers, c’est la rencontre dingue entre les frangins de Ropoporose et Piano Chat. Le résultat donne des mélodies naïves avec une rythmique plus agressive. On adore la simplicité dans laquelle ils nous emmènent et le public ne reste pas indifférent même quand le groupe nous parle de “sac à chatons”.  

Le bruit arrive ensuite avec Pamplemousse, leur rock garage nous amènera forcément vers un bon petit pogo… devant quelques habitués du bar, et des gens venus faire des rencontres Tinder. Oui la scène est un peu improbable.

Le lendemain, c’est Pion qui joue à l’apéro, les anciens de Blind Digital Citizen se retrouvent plus qu’à trois, toujours la même recette, des morceaux toujours aussi puissants, un chanteur que personne ne peut arrêter et beaucoup d’émotion dans leur son… On peut même rajouter que maintenant ils cherchent davantage à nous faire danser…. Attention aux frissons ! N’ayons pas peur des expressions tarte à la crème de la chronique mais oui Pion nous a pris la main pour nous faire voyager et même si tu es resté au sol le chanteur qui aime bien montrer son corps n’oubliera pas de te remercier par une bonne poigné de main à la fin du concert.

Allez c’est décidé maintenant on prend la navette “de l’ambiance” des Trans Musicales pour nous diriger vers le Parc expo, c’est ici qu’on a vu la majorité des concerts proposés par Jean Louis Brossard et sa bande.

Dans le Hall 9, on y retrouve le projet du foufou “Ouai Stéphane” et son nouveau gros poisson (on avait fait l’interview ici de son petit poisson Billy Crawford). Dans l’après-midi des flyers de Ouai Stéphane annonçaient son show du soir à la façon “fête d’anniversaire” avec notamment un mots fléchés derrière cette affiche décalée. Si beaucoup ont vu le nouveau Jacques sur la forme, le son de Ouai Stéphane s’approche plus de Modeselektor enfin de compte…

Dombrance a profité aussi de son aura décalé pour son premier concert tout court. Bertrand Lacombe avait mis un costard sur scène pour coller à son show electro autour de personnalités politiques. Les visuels et la musique sont hypnotisant, on peut y voir et entendre les noms de Raffarin, fillon ou Poutou. Le public ne se rend même pas compte qu’il est en train de danser sur des hommes politiques, qu’ils pourraient détester à jeun… Il fallait le faire !

Hall 8, changement d’ambiance, les Underground System s’affranchissent du son Punk Funk New Yorkais pour y dégager toute leur énergie à l’instar des MadMadMad qui clôtureront en beauté cette salle à base de basse batterie survoltée, le public saute encore, même à 6h du mat.

On n’oubliera pas également le super set de Glitter dans la Green Room, la productrice parisienne originaire du Maroc marie élégamment électro et sonorités orientales pour nous faire danser. On est ensorcelé par son cocktail détonnant !

Le dernier soir commence fort avec Makeness, nous attendions beaucoup du show de cet anglais. On savait qu’il jouait seul sur scène mais vu la complexité de sa musique, on a pensé jusqu’au bout qu’on se foutait de notre gueule et bien non !

Kyle Molleson qui se cache derrière ce projet est aussi bien un homme-orchestre qu’un geek… Derrière ses instruments et son ordinateur, il déroule devant nous une pop électronique “forte” avec des mélodies sensibles et une pointe de psychédélisme. Sa voix ressemble étrangement à celle du leader de Caribou, Dan Snaith... Ce qui ne gâche rien ! Bluffant ! …

 Arp Frique dans le hall 8 nous emmènera ensuite vers le soleil tandis que The Psychotic Monks dans le hall 3 a des goûts d’une joyeuse apocalypse … Avant cela on a noté aussi la belle performance de La Fraîcheur qui a rempli le hall 9 assez aisément avec sa techno bougrement efficace… Un retour vers la rave comme on l’aime même si elle était programmée tôt, le binge drinking aidant, la jeunesse était fraternelle sur le dancefloor !…

Le final avec Fabrizio Rat a tenu également ses promesses en projetant son piano à queue dans l’univers hypnotique et puissant de la techno. La mayonnaise prend et devant ce beau dancefloor “en transe” on se demande déjà ce que l’équipe des Trans Musicales nous concoctera l’année prochaine pour ses 40 ans... Pour nous épater encore une fois de plus !

(Merci à Alexis Janicot pour la photo de couverture)